La lutte contre l’obésité infantile nécessiterait des dispositions plus soutenues qu’une appli minceur

Les modifications du rythme de vie, suscitant la sédentarité, et le marketing intensif en faveur des produits trop riches en sucre, en sel et en graisse au détriment des vitamines, des minéraux ainsi que d’autres micronutriments favorisent la prolifération des problèmes de surpoids chez les enfants, à l’échelle mondiale.

Dans sa contribution à la lutte contre l’excès pondéral, Weight Watchers a mis au point son application Kurbo afin de guider les jeunes de 8 à 17 ans, atteints d’obésité, dans leur nutrition. Mais le succès du programme semble actuellement estompé par le nombre d’individus, professionnels et particuliers, qui sont contre cette idée.


Il faut savoir que le sérieux du problème requiert une prise de conscience des parents ainsi que leur support absolu, et ce, dès le plus jeune âge de l’enfant.

Weight Watchers se penche sur le cas des enfants souffrant d’obésité

Il est parfaitement normal de prendre du poids durant l’enfance et l’adolescence. Le contraire pourrait être un signe de problème médical. C’est du moins ce qu’a avancé une diététicienne sur une plateforme de réseaux sociaux. Force est toutefois de constater que le surpoids prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur au niveau de la jeune population si bien qu’il devient un véritable problème de santé publique.

À ce propos, Arnault Pfersdorff, spécialiste en pédiatrie et auteur du livre intitulé « Bébé : premier mode d’emploi », a émis le fait que cette situation s’explique souvent par le relâchement des parents vis-à-vis du comportement alimentaire de leurs progénitures en bas âge. Selon lui :

« Très souvent, les parents démissionnent quand l’enfant est petit parce qu’il fait des crises lorsqu'il ne peut pas manger ce qu'il veut. Or nous savons maintenant, et c'est extrêmement important, que tout se joue avant l'âge de trois ans. Si des mesures ne sont pas prises très tôt chez un enfant qui a tendance à être en surpoids, le risque qu'il soit toujours en surpoids, voire obèse, à l'adolescence, est énorme ».

Aux États-Unis, les faits sont d’autant plus marquants puisque deux enfants ou adolescents sur dix, de 2 à 19 ans, sont en situation d’obésité, à en croire les dernières données du gouvernement. Si les traitements y afférents sont pris en charge par l’assurance maladie, l’instauration de mesures pour perdre du poids serait toujours la bienvenue.


D’où la mise sur pieds de Kurbo par Weight Watchers le 13 août dernier. Une appli minceur dédiée aux 8 à 17 ans visant à les aider à réduire leurs kilos en trop grâce au classement de la nourriture en trois catégories, à l’instar du « feu de signalisation », un procédé développé par l’Université de Stanford. Ainsi :

  • Les fruits et légumes sont classés dans les aliments verts et sont, de ce fait, consommables à tout moment ; 
  • Les viandes maigres et les pâtes sont classées dans les jaunes et doivent être consommées avec modération ; 
  • Les sucreries et les jus trop sucrés comme les sodas sont catégorisés dans les rouges et sont à éviter.

Concrètement, les intéressés enregistrent certaines informations sur l’application, telles que leur âge, leur taille, leur poids, leurs objectifs santé et leur nourriture quotidienne. Les conseils sont prodigués gratuitement, sauf en cas de besoin d’un coaching personnalisé qui est alors facturé à 69 dollars par mois, l’équivalent de 62 euros.

La participation parentale est de mise

Si avec son application, WW pensait répondre aux attentes d’une nouvelle cible fortement touchée par le problème de surpoids, l’avis des consommateurs semble être toutefois pessimiste jusqu’à susciter une polémique. De fait, quelque 90 000 personnes ont signé dernièrement une pétition demandant l’annulation du programme.

D’après ces protagonistes, le problème de taille mériterait davantage de contrôle, notamment venant des parents et du médecin traitant, que les conseils provenant d’une application mobile. À Arnault Pfersdorff de souligner :

« Pour un problème de surpoids ou d’obésité, il doit y avoir une adhésion complète de la personne concernée. Cela ne peut pas marcher sans l'aide des parents et une harmonie familiale dans la prise en charge de la diététique et des bonnes habitudes de vie et d’hygiène de vie. Les parents doivent appliquer pour eux-mêmes ce qu'ils souhaitent voir leur enfant appliquer ».

Selon le pédiatre, au lieu d’encourager les concernés à respecter une alimentation saine, l’appli risquerait d’ancrer dans l’esprit de ses jeunes cibles des normes corporelles quelque peu malsaines. Le risque de confronter des troubles de comportements alimentaires peut alors être important. Ce qui provoquerait quelques carences. L’explication est simple, à en croire le Dr Pfersdorff :

« Aujourd’hui, tout le monde a peur des glucides et des lipides, alors que ce sont eux les meilleurs. Les omégas-3, contenus dans les acides gras polyinsaturés, qui sont des lipides, sont par exemple extrêmement importants pour le développement du cerveau. Faire un régime sans gras, ou sans sucre est une hérésie ».