La majorité de la population sénégalaise est exclue des régimes de protection contre le risque maladie

D’après les données du ministère de la Santé et de la Prévention du Sénégal, les régimes de protection contre le risque de maladie ne couvraient que 20% de la population active essentiellement composée de salariés et d’individus souscrits à des assurances privées. Tout cela pour dire que l’accès au soin est un problème majeur pour une grande partie de la population, les travailleurs informels.

Différentes mesures ont certes été initiées pour aider ces derniers, mais tout semble indiquer que les résultats restent mitigés. Et ce, même si les mutuelles, l’État ainsi que des organismes internationaux à l’image de l’USAID se sont donné la main pour y remédier.


La majorité de la population active est exclue

Au Sénégal, les travailleurs du secteur informel représentent 48,8% de la population active, toutes activités confondues. Et selon les données publiées par le ministère de la Santé et des Préventions en 2008 sur la période de 2007, ces derniers sont exclus des principaux régimes de protection sociale institutionnalisés. Entre autres :

  • Le régime non contributif destiné aux agents de l’État, aux séniors de plus de 60 ans et aux étudiants, représentant respectivement 7,4%, 4,9% et 0,3% de la population couverte; 
  • Les régimes contributifs volontaires destinés aux membres des mutuelles de santé et ceux qui sont souscrits à une assurance privée, représentant respectivement 3,8% et 0,2% de la population couverte; 
  • Les régimes contributifs obligatoires (IPM) destinés aux salariés du secteur privé représentant 3,6% de la population couverte.

Au total, les systèmes de protection sociale institutionnalisés ne couvrent que 20% de la population. Pour les autres, ceux de l’informel, ils n’ont d’autres choix que de souscrire à une mutuelle santé dont le rôle principal est de les aider à profiter d’une couverture adéquate en cas de maladie ou autres problèmes de même ordre.

Mais au dernières nouvelles, le taux d’adhésion à ce concept enregistré en 2019 est de 47%. Ce qui est encore très éloigné de l’objectif fixé pour 2021 qui devrait atteindre les 80 %. Ce résultat se retrouverait même à 17 % en excluant les bénéficiaires des différents programmes de gratuité et ceux de la Bourse Sécurité Familiale (BSF).

Les différentes mesures s’avèrent insuffisantes

Afin d’encourager les Sénégalais notamment ceux qui ne bénéficient pas des régimes de protection sociale institutionnalisés, différentes mesures ont été adoptées. Mais compte tenu du taux bas de l’adhésion auprès des mutuelles, l’on peut conclure qu’elles sont insuffisantes.


C’est d’ailleurs, la raison principale incitant le Sénégal à étudier d’autres alternatives afin de redynamiser le système en explorant quelques pistes comme :

  • La mise en place d’une taxe sur les appels téléphoniques entrants?; 
  • La mise en place d’une couverture Maladie Universelle impliquant la diaspora?; 
  • L’implication des ressources minières dans le financement de la CSU.

En attendant, la population doit se contenter des dispositifs déjà en vigueur.

À commencer par la subvention de l’État qui prend en charge la moitié de la cotisation allouée aux mutuelles de santé. Soit, 50 % de la valeur annuelle estimée à 10,61 euros (7 000 FCFA) par bénéficiaire.

À travers le financement du programme DECAM (Décentralisation de l’Assurance Maladie), l’USAID apporte aussi son soutien au développement des mutuelles auprès des collectivités territoriales en s’adressant principalement aux travailleurs informels. Une initiative qui rembourse à hauteur de 50 à 80 % certains médicaments achetés auprès de certaines pharmacies privées.

D’autres mécanismes gouvernementaux comme la Couverture Santé Universelle (CSU), peuvent s’ajouter à la liste, mais la portée semble relativement faible. D’ailleurs, le recouvrement des coûts, la réforme hospitalière et les systèmes destinés à faciliter l’accès aux soins de santé pour les plus vulnérables et les plus pauvres qui en sont liés se sont soldés par un échec.