L’Assurance maladie est au plus mal en ce moment, la faute notamment à l’épidémie du covid-19. Ainsi, le ministre de la Santé a annoncé qu’il comptait ponctionner une partie des économies réalisées par les mutuelles et les assurances à titre de contribution exceptionnelle. Une nouvelle qui n’a pas forcément ravi les groupes concernés.

L'imposition du strict confinement a limité l'accès aux soins, les consultations chez les généralistes ayant été déprogrammées, tout comme les actes chirurgicaux. Cependant, les patients pouvaient toujours avoir recours aux téléconsultations qui étaient prises en charge par l'Assurance maladie. Une restriction qui n'a pas pour autant empêché cette dernière d'accuser maintenant des pertes évaluées à plus de 30 milliards d'euros pour l'année 2020.

Au contraire de la branche maladie de la Sécu, la complémentaire santé s'en sort plutôt bien. En effet, ces deux mois de cantonnement leur ont permis de réaliser des économies de plusieurs milliards d'euros sur les remboursements. Un joli pactole, dont l'État souhaite prélever une partie afin de renflouer les caisses de l'Assurance maladie.


Une taxation irrémédiable

Le chargé des comptes de l'État estime que les mutuelles, les assurances et les instituts de prévoyance ont pu réaliser des économies à hauteur de 2 milliards d'euros sur les remboursements de soins. En conséquence, le gouvernement compte prélever une partie de cette somme à titre de contribution exceptionnelle à l'organisme de santé publique qui, lui, a essuyé un net déficit.

Cette taxe n'est pas encore officielle, mais elle avait déjà été annoncée par le ministre de la Santé, Olivier Veran, au mois de juin dernier. À l'époque, il avait indiqué que les complémentaires ne pouvaient décemment pas tirer un quelconque bénéfice de cette catastrophe sanitaire.

À savoir, lors du dernier Ségur de la santé, le ministre a annoncé que les sommes perçues via cette taxe seront destinées au prochain budget de la Sécu. Olivier Véran et le ministère des Comptes publics prévoient d'ailleurs un versement en deux temps, une première enveloppe de 1 milliard d'euros sera prélevée sur les chiffres d'affaires des complémentaires pour cette année. Puis, un deuxième prélèvement de 500 millions d'euros pour l'an prochain.

Un rattrapage massif des soins, et une erreur de calcul ?

La nouvelle a fait grincer des dents à plus d'un, notamment du côté des assureurs. Ces derniers rétorquent que les économies réalisées durant le cantonnement ont rapidement été rapidement dilapidées au début de la reprise. En effet, la fin du strict confinement s'est accompagnée d'un rattrapage massif des soins, on a notamment constaté une surconsommation des soins dentaires.


Les mutuelles rajoutent, que l'annulation des consultations durant ces deux mois d'arrêt a entrainé l'aggravation de certaines pathologies requérant ainsi plus d'interventions, synonyme de frais supplémentaires pour les assureurs.

D'autant que selon eux, le chargé des comptes sur les économies réalisées par les complémentaires a commis une erreur. Ils soutiennent que les chiffres dévoilés ne seraient pas aussi élevés. Toutefois, la mise en place de cette taxe semble irrémédiable et le premier versement devrait intervenir d'ici peu. Mais une deuxième évaluation de ces économies est prévue, les assureurs ont donc encore une chance d'avoir gain de cause et peut-être de voir annuler la deuxième ponction de 2021.

Les complémentaires ont également déclaré à demi-mot qu'ils pourraient répercuter ces taxes sur leurs tarifs, les cotisations des clients devraient alors augmenter.