La télémédecine a fait son entrée dans le secteur de la santé depuis quelques années. La crise sanitaire provoquée par l’épidémie du Covid-19 n’a fait que lui donner de l’élan. Les solutions proposées se sont ainsi multipliées, cherchant à répondre aux besoins des patients et des professionnels de santé. Ce développement devrait se poursuivre dans les prochaines années.

Le recours à la téléconsultation est devenu courant dans le monde médical, surtout depuis 2020 avec la pandémie du Covid-19. L'épidémie a en effet montré l'intérêt de l'assistance à distance. Les solutions proposées pour la mettre en pratique sont variées. Cela va d'un logiciel qui permet de suivre les pathologies mentales à une technologie qui détecte les troubles moteurs. Le digital offre de nombreuses perspectives d'évolution pour la médecine. Les professionnels lui prédisent d'ailleurs un succès fulgurant dans les années à venir. Les solutions digitalisées devraient en ce sens faire partie intégrante des parcours de soins. Reste à savoir leurs atouts pour les patients comme pour les experts médicaux.


La réalité virtuelle au service des patients en rééducation

Les chiffres communiqués par le Snitem (Syndicat national de l'industrie des technologies médicales) témoignent du développement de la santé numérique. En 2021, les startups auraient représenté environ 31 % des nouveaux acteurs proposant des dispositifs médicaux. Près de 42 % des structures opérant dans le secteur travaillent par ailleurs sur une solution digitale ou connectée.

Pour William Rolland, responsable numérique en santé au sein du Snitem, ces dispositifs facilitent la communication et les échanges de données. Il convient toutefois de déterminer leurs réels intérêts, selon lui. Que ce soit du point de vue du patient, par rapport à leur efficacité clinique ou en termes d'organisation.

Les solutions disponibles sont multiples et touchent à des domaines variés. La startup H'ability exploite par exemple les technologies de réalité virtuelle pour aider les patients en phase de rééducation. Elle s'adresse aux personnes dont les bras sont affectés par des troubles moteurs ou d'origine cognitive. Ce peut être à la suite d'un traumatisme crânien ou d'un AVC. Un casque de réalité virtuelle est mis à leur disposition, relié à une fonctionnalité qui permet de suivre l'activité des mains. Avec cet équipement, la rééducation peut se faire à domicile ou dans un établissement médical.

Compte tenu de son développement, la téléconsultation s'inscrit progressivement à la liste des prestations remboursées par la mutuelle familiale. L'idée est d'offrir une prise en charge pour une liste définie de maladies chroniques.

Des écouteurs pour réaliser un électroencéphalogramme

Comme le souligne William Rolland, du Snitem, la médecine connectée ouvre la voie à de nombreuses possibilités. FollowKnew, une prothèse pour genou développée par un collectif de chercheurs et d'industriels, est un autre exemple de son application.

Ce dispositif a été conçu pour suivre le patient à la sortie d'une opération. Il est en mesure de récolter des informations utiles au personnel médical, concernant les infections, l'usure ou un descellement. Les informations recueillies seront communiquées à tous les professionnels concernés : chercheurs, médecin ou kinésithérapeute. Elles peuvent éviter au patient de passer par une nouvelle opération et permettent de personnaliser le traitement proposé. La prothèse sera conçue sur-mesure et développée par impression 3D.

La startup NaoX, elle, a mis au point des écouteurs équipés d'un dispositif d'électrocéphalogramme. À l'aide de capteurs intégrés, ils permettent de collecter des informations concernant l'activité électrique du cerveau. Ces écouteurs présentent un double avantage. Comme le rappelle le dirigeant de l'entreprise, la plupart des solutions mises sur le marché prennent la forme d'un serre-tête. Elles peuvent être à l'origine de comportements stigmatisants pour les patients. Les équipements proposés par NaoX s'utilisent comme des écouteurs classiques. Baptisés N buds, ils peuvent aussi suivre l'activité du cerveau sur une plus longue période et en continu. Ils démultiplient ainsi les chances de repérer une crise.

Le neurologue peut s'appuyer sur les données recueillies pour prescrire le traitement, il devait auparavant se référer aux déclarations du patient. La startup travaille aujourd'hui sur l'épilepsie et espère obtenir la certification CE en 2023. L'accord de la FDA aux États-Unis est en revanche attendu pour fin 2022.