Le traitement est basé sur l’interféron, un médicament déjà utilisé contre certaines maladies comme l’hépatite C. En effet, une étude menée récemment en Chine a mis en avant ses possibles vertus contre le Covid-19. D’autres recherches effectuées en France soutiennent également cette hypothèse. Cette substance est supposée limiter les risques de souffrir d’une forme grave de la maladie.

Le 25 février dernier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a fait allusion à de nouveaux traitements anti-Covid. Ces pistes ont été évoquées lors d'un point d'information sur l'évolution de l'épidémie en France. L'un d'entre eux se base sur un médicament déjà connu en milieu hospitalier et en mutuelle santé, l'interféron.

Cette substance est habituellement destinée aux patients atteints de sclérose en plaques, d'hépatite C et de certaines formes de cancers. Son appellation décrit ses actions. Le médicament interfère en effet avec la réplication des virus s'attaquant aux cellules de l'hôte. Cette propriété peut se révéler décisive dans la prise en charge des formes graves de Covid-19.


Une piste envisagée par l'OMS

Les résultats des nouveaux travaux menés sur l'interféron sont attendus courant mars. Cependant, il ne s'agit pas de la première étude à s'intéresser aux effets de cette substance sur le coronavirus. En effet, les actions du médicament ont déjà été observées par le professeur Aurélien Mary. Ce pharmacien clinicien évolue au sein des services de soins intensifs du CHU d'Amiens.

Le chercheur s'est notamment focalisé sur les propriétés de l'interféron lorsqu'il est administré aux patients par inhalation. La substance en question requiert traditionnellement une injection. À la base, elle sert à compenser la carence en une protéine du même nom. Cette dernière est censée être produite naturellement par l'organisme.

Toutefois, la prise par injection pourrait présenter des risques pour le patient. L'auteur de l'étude a d'ailleurs soulevé ce problème lors d'une intervention sur France 3 en avril 2020. En revanche, les effets indésirables sont quasi-inexistants avec l'inhalation, selon les résultats d'une observation effectuée récemment en Chine. En effet, le médicament n'agresse pas le sang avec cette méthode.

Dans son étude dénommée « Solidarity », l'OMS classe l'interféron parmi les pistes de traitement à explorer. Il fait également partie des méthodes observées dans le cadre de l'essai clinique européen baptisé « Discovery ». Concrètement, les deux travaux se concentrent sur un traitement à base d'interféron bêta, complété par les antiviraux lipovanir et ritovanir.


Des observations concluantes en Chine

Des scientifiques chinois ont récemment découvert que l'interféron alpha-2 empêchait le SARS-CoV-2 de se répliquer dans les voies respiratoires. Cette étude a notamment été menée à titre exploratoire sur 77 patients.

Le taux de protéine C réactive et d'interleukine 6 tendent également à baisser sous l'effet de l'interféron alpha 2-b. Ces protéines sont notamment à l'origine du choc cytokinique. Il s'agit d'une inflammation causée par le retournement du système immunitaire contre ses propres organes.

En France, le ministère de la Santé peut désormais compter sur les conclusions de plusieurs centres de recherches. Ces entités incluent l'INSERM, l'AP-HP, l'Université Rockefeller, l'Université de Paris et l'Howard Hughes Medical Institue (New York). Les scientifiques en question souhaitaient identifier les raisons pour lesquelles les patients réagissaient différemment au virus SARS-CoV-2.

Leur analyse s'est portée sur des malades souffrant de formes graves du Covid-19. Des anomalies génétiques ont ainsi été découvertes chez certains d'entre eux, provoquant la carence en interférons. Chez les autres, les chercheurs ont constaté des maladies auto-immunes qui ont un effet inhibiteur sur ces protéines.

Les personnes concernées présentent plus de risques de décéder à la suite d'une grippe ou du Covid-19, indépendamment de leur âge. Il reste néanmoins possible de leur administrer des interférons grâce au traitement dédié. Associé à une thérapie anti-inflammatoire, ce médicament peut à terme éviter les formes sévères de Covid-19.