Mulhouse, Nancy, Strasbourg… jusque-là, aucune de ces communes n’a de nouveau été classée parmi les villes sous couvre-feu. Cette situation est due au fait que les habitants du Grand Est ont davantage respecté les consignes sanitaires. Les données récoltées par Géodes, la plateforme élaborée par Santé publique France (SPF), le confirment. Les décideurs locaux craignent cependant un nouveau pic.

Le Grand Est a été le berceau de la transmission du coronavirus en France. Les professionnels de la mutuelle santé en témoigneront sûrement. S'exprimant au nom de Santé publique France (SPF), Michel Vernay observe une détérioration de la situation. En tant que responsable de la cellule d'intervention dans la région, il explique que l'expérience vécue par les autres régions se répète dans le Grand Est. Toutefois, il existe un décalage de 4 à 6 semaines.

Quoi qu'il en soit, cette région semble mieux gérer la crise sanitaire que les autres. D'après le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Strasbourg il n'est pas question d'une meilleure immunité collective.


Les habitants du Grand Est sont plus regardants sur les consignes sanitaires

François Blanchecotte, qui préside le syndicat national des biologistes, avance que la politique de tests de dépistage menée dans le Grand Est prouve son efficacité :

Sur cette région-là, les laboratoires se sont investis énormément pour rendre les résultats en 24 heures. Les conditions étaient plus difficiles ailleurs.

Par ailleurs, la plupart des professionnels de santé ont cité le respect de la distanciation sociale et le port du masque par les habitants de la région. Selon les dernières informations, 72 % d'entre eux ont fait du port du masque de protection une habitude. Ce pourcentage s'élève tout juste à 61 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pour l'ensemble de la population française, il s'établit à 68,6 %.

Le chef du service de réanimation du CHU de Strasbourg, Julien Pottecher, souligne à l'Agence France-Presse (AFP) que la différence réside dans la prise de conscience. Les régions les plus touchées durant la première vague de contaminations retiennent encore les conséquences engendrées par les formes sévères du Covid-19.

Des chiffres moins inquiétants par rapport à ceux du reste de la France

Entre le 7 et le 13 octobre 2020, 173,4 cas d'infection au Covid-19 ont été recensés pour 100 000 habitants dans l'agglomération strasbourgeoise. C'est ce qu'indique la plateforme de SPF. Il n'empêche que les chiffres restent globalement moins significatifs que les cas relevés à l'échelle nationale (205,2 cas pour 100 000 habitants). En se basant sur les données antérieures, le niveau d'incidence de la maladie virale s'est établi à 113,8 cas pour 100 000 habitants dans le Grand Est. La nouvelle vague de contaminations y est donc moins importante.


Le 16 octobre dernier, le nombre de patients infectés qui ont été soignés dans les hôpitaux du Grand Est a été porté à 376 personnes. Ce recensement n'implique que le secteur conventionnel. Le nombre de malades admis en soins intensifs a totalisé 67 personnes, en considérant tous les établissements de santé. En guise de comparaison, les cas repérés en milieu hospitalier ont atteint des records au printemps dernier : 971 patients en réanimation sur 4 993 personnes contaminées.