La Mep et la Smerep se sont alliées pour former Heyme

Les différents acteurs du secteur s’efforcent de se réorganiser suite à l’annonce de la suppression du régime étudiant à la rentrée 2019. La Smerep (Société mutualiste des étudiants de la région parisienne) et la Mep (Mutuelle des Étudiants de Provence) ont ainsi décidé de s’allier pour s’adapter à cette nouvelle situation.

Le rapprochement entre les deux structures a été officiellement annoncé le 11 juin dernier. Dorénavant, elles proposeront leurs produits et services sous l’enseigne Heyme. Cette alliance implique notamment le lancement de nouvelles offres d’assurances santé pour les étudiants. Heyme aspire par ailleurs à devenir le numéro un sur le marché des assurances santé destinées aux jeunes.


De nouvelles solutions adaptées aux jeunes

Dès son lancement, Heyme proposera quatre forfaits spécialement pensés pour son public cible, les étudiants et les jeunes actifs. L’offre de base à 9,90 euros par mois couvre entre autres les soins courants (auprès de généralistes ou de spécialistes), les dépenses en pharmacie et les frais d’hospitalisation.

Outre ces frais de base, la formule à 15,90 euros rembourse également les soins dentaires et les analyses médicales. Pour 24,90 euros, l’assuré bénéficiera en plus du remboursement de toutes les dépenses liées à l’optique. Avec le forfait à 39,90 euros, la couverture des soins et autres frais médicaux s’avère plus extensible.

Selon Heyme, ses diverses offres ne sont pas exclusivement destinées aux étudiants. Elles s’adressent également aux jeunes travaillant en freelance. L’assureur explique :

Un étudiant peut faire le choix de ce mode de travail. C’est pour cela que nous diversifions notre offre et que nous ne nous adressons pas exclusivement aux étudiants même s’ils constituent notre clientèle principale.

En plus de ses produits d’assurance, Heyme poursuit les campagnes de prévention initiées par les mutuelles auprès des jeunes. Elle a d’ailleurs constitué une équipe de 20 collaborateurs spécialisés en médecine préventive pour effectuer des sensibilisations en ligne ainsi que dans les établissements scolaires et universitaires. D’après le directeur général de la Mep et porte-parole d’Heyme, Benjamin Biale :

Les jeunes sont pour la plupart en bonne santé certes, mais ce serait un tort de ne pas se préoccuper des maux qui les touchent. On doit les sensibiliser aux risques liés au tabac par exemple ou encore leur expliquer le cadre légal en ce qui concerne le bizutage.

Une offre indispensable pour la santé des étudiants

Les jeunes ayant souscrit une mutuelle étudiante ont progressivement basculé vers le régime général depuis 2018. Dans la pratique, les nouveaux inscrits seront automatiquement rattachés à la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) de leur lieu de résidence.


En dépit des apparences, cette réforme n’entraîne pas nécessairement la disparition des mutuelles. Toutefois, ces dernières doivent s’allier pour devenir plus solides et compenser ainsi la disparition de leur activité principale. Ces organismes peuvent par ailleurs réinventer leurs offres pour s’adapter aux besoins des étudiants en matière de complémentaire santé. Comme l’explique Benjamin Biale :

Il y a beaucoup d’idées préconçues autour des étudiants. On entend souvent qu’ils ne sont pas intéressés par leur couverture santé. C’est faux. Ils s’y intéressent au contraire, et ils demandent justement à ce qu’on les écoute, qu’on leur propose des solutions adaptées à leur situation (financière, sociale…).

C’est pourquoi Heyme a été créée. Ce nouvel acteur hérite de l’expérience de la Mep et de la Smerep dans le domaine de l’assurance santé et de leur familiarité avec le public cible. De plus, il bénéficie d’une zone de couverture plus importante au niveau national.

En somme, les protagonistes du secteur ont dû trouver des solutions pour faire face à la disparition du régime d’assurance maladie obligatoire pour les étudiants. Inscrite dans le cadre la loi Orientation et réussite des étudiants, cette réforme a mis un terme à un régime existant depuis 1948, souvent blâmé pour ses délais de retards et son coût de gestion élevé.