Deux cents millions, c’est le nombre de neurones présents au niveau de l’intestin et qui communique étroitement avec le système nerveux central. C’est à croire qu’il s’agit d’un deuxième poste, d’autant qu’une étude a démontré le fait que le bien-être psychique d’un individu est en forte corrélation avec cet organe. Et il s’avère que les enfants sont plus vulnérables en cas d’inflammation chronique de l’intestin.

Les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques l’Intestin) entraînent des douleurs abdominales pouvant être insupportables, outre les diarrhées déjà quelque peu gênantes. Si elles affectent le bien-être du patient, leurs répercussions sont d’autant plus néfastes pour les enfants.

C’est ce qu’ont dévoilé tout récemment deux chercheurs de l’Institut Karolinska de Stockholm, les Drs Jonas Ludvigsson et Agnieszka Butwicka, lors de leur étude publiée par JAMA Pediatrics, en écho au livre intitulé « Les Charmes discrets de l’intestin », écrit par Dr Giulia Endersen deux ans auparavant.

De fait, plus fragiles physiquement et psychologiquement, ces derniers peuvent être amenés à subir divers troubles psychiatriques, conduisant même à des tentatives de suicide une fois arrivé à l’âge adulte, à défaut d’accompagnements spécifiques.


Les MICI peuvent toucher tout individu, quel que soit son âge

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) sont les principales MICI qui sévissent en France. Handicapant des centaines de milliers d’individus, dont respectivement 120 000 et 80 000 personnes, ces troubles entériques s’accompagnent de douleurs abdominales pouvant être insoutenables.

Outre cette douleur commune, d’autres symptômes sont également dépistés. Pour la première, l’on peut détecter :

  • Une présence de sang, de pus ou de mucus dans les selles ; 
  • Une survenance d’abcès, de fissures ou de fistules ; 
  • Une diarrhée fluide et répétitive ; 
  • Une perte notable de poids ; 
  • Une extrême fatigue et de la fièvre.

Pour la seconde :

  • Des lésions cutanées ; 
  • Un rhumatisme articulaire ; 
  • Une inflammation des structures internes de l’organe de la vue.

Si ces formes d’inflammation intestinale chronique sont davantage diagnostiquées chez des patients âgés de 20 à 30 ans, tout le monde peut toutefois en souffrir. Ce, quelle que soit la tranche d’âge. Et il va sans dire qu’un enfant a plus de peine à supporter les douleurs et les gênes causées par la maladie.

Un meilleur accompagnement est alors de mise pour l’aider à mieux vivre avec, outre les soins qui sont couverts par l’assurance maladie et la complémentaire santé du patient.


Sauf que sur ce dernier point, l’on doit recourir à un comparateur mutuelle pour pouvoir profiter à fond de ses garanties.

Au Dr Agnieszka Butwicka, une chercheuse suédoise, de souligner :

« Les enfants atteints de MICI et leurs parents ont besoin d'un soutien psychologique et d'un suivi plus long […] Une aide spéciale pourrait être offerte aux enfants qui tombent malades à un jeune âge ».

Des facteurs de risques de troubles mentaux

La plupart des troubles psychiatriques sont attribués au patrimoine génétique des malades quoique d’autres circonstances puissent également jouer un rôle majeur dans le maintien de la santé mentale, notamment le mode de vie et l’environnement dans lequel évoluent les patients et les pressions socio-économiques persistantes.

Et l’intestin, en qualité de deuxième cerveau, influe grandement sur tout le système nerveux. L’étude menée par les Drs Agnieszka Butwicka et Jonas F. Ludvigsson, parue dans le JAMA Pediatrics, en est la preuve. D’après les affirmations des chercheurs :

« Il est probable que les MICI affectent leur santé mentale plutôt que d'autres facteurs comme la socioéconomie, le mode de vie ou l'hérédité dans la famille […] Cette étude observationnelle n’établit pas avec certitude un lien de cause à effet. Cependant, les résultats indiquent que les maladies inflammatoires de l’intestin peuvent contribuer à la survenue de problèmes mentaux ».

Et étant donné que les enfants de moins de six ans sont plus vulnérables psychologiquement, le risque est plus élevé chez eux, de 1,6 fois supérieur par rapport à celui des adultes. Il est même plus accentué chez les enfants nés de parents atteints de troubles psychologiques surtout pendant la première année de l’affection.


Les résultats de l’étude des deux chercheurs de l’Institut Karolinska de Stockholm sont d’ailleurs très éloquents. De fait, parmi les 6 400 enfants, souffrant de MICI, qui ont été suivis pendant neuf ans, 17% ont été sujets à des pathologies psychiatriques, contre près de 10 % de leurs frères et sœurs et pas plus de 12% des sujets en bonne santé. Les troubles s’apparentent à :

  • Un déséquilibre de la personnalité ; 
  • Des problèmes d’attention ; 
  • Des troubles de l'alimentation ; 
  • De l'anxiété ; 
  • De la dépression ; 
  • Du spectre de l’autisme.