Le Wall Street Journal a récemment révélé que Google peut accéder aux données de santé de plusieurs millions d’Américains grâce à un système de recherche de patients basé sur le Cloud. Le projet a notamment été accéléré par l’acquisition de Fitbit, une entreprise spécialisée dans les balances intelligentes. Toutefois, l’initiative du géant californien se révèle encore plus ancienne.

Depuis plusieurs années, Google a clairement montré son ambition de se lancer dans le domaine de la santé. L’entreprise américaine a ainsi racheté l’expert en balances intelligentes FitBit dans le cadre de cette démarche. Cette enseigne s’occupe notamment de divers services dédiés aux hôpitaux ainsi qu’aux prestataires fournissant des soins de santé.

Google a aussi développé le Projet Nightingale, un système donnant les moyens de rechercher des patients sur Internet. Ce programme a permis à 150 salariés de l’entreprise d’accéder aux données médicales de millions d’Américains.

Au-delà de la ligne de défense officielle de la société, cette situation inquiète réellement les internautes et les professionnels de santé.


Un projet autorisé par la loi

Les grandes entreprises technologiques telles que les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) effectuent actuellement d’importants investissements pour fournir à leurs clients différents services en matière de santé personnelle. Facebook vient, par exemple, de créer un nouveau service destiné à la santé préventive.

Pour sa part, Google n’a pas facturé son intervention auprès d’Ascension. Ce travail lui permettra en effet de proposer à terme Patient Search et Nightingale aux principaux protagonistes du secteur santé. Ces derniers pourront en même temps bénéficier de son expertise et de ses ressources sur le plan technologique.

Face à ses détracteurs et aux informations transmises par le Wall Street Journal, Google a affirmé que le Projet Nightingale reste en conformité avec toutes les lois fédérales en vigueur dans le pays. Par ailleurs, le géant américain a veillé à créer en interne des barrières spécifiques pour protéger la vie privée des utilisateurs.

De plus, de nombreux spécialistes interrogés par le Wall Street Journal ont estimé que l’initiative du géant du Web n’est pas interdite par la loi américaine HIPPA concernant la gestion numérique de l’assurance maladie.

Un système à la fois prometteur et problématique

Malgré les risques de dérives, le projet de Google devrait permettre de faciliter les procédures et le suivi en matière d’assurance santé. L’initiative a été développée en partenariat avec le second système de santé privé des États-Unis, Ascension.


Le dispositif intègre notamment la fonctionnalité Patient Search. Il s’agit d’une interface performante et similaire au système de recherche de patients utilisé actuellement dans les hôpitaux.

Le problème réside dans le fait que les personnes travaillant sur le projet ont accès aux dossiers de santé de millions d’Américains pour pouvoir développer le système.

Les données transférées par Ascension à travers Google Cloud incluent entre autres les diagnostics établis par les médecins, les résultats des analyses en laboratoire, les dossiers d’hospitalisation et les diverses prescriptions au cours du traitement.

Ces différentes informations sont traitées et compilées au niveau de l’interface de recherche pour les besoins ultérieurs des médecins et des professionnels de santé.

Actuellement, ce projet concerne Google Cloud et Google Brain, le département de l’entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle. Ce dernier exploite ces données pour perfectionner un outil de machine learning dédié.