Créer un forfait de soins remboursé, tel est le projet annoncé par Agnès Buzyn en faveur des patients post-cancéreux lors de son interview sur le plateau du « Grand Jury ». Une décision des plus réjouissante, certes, mais qui semble laisser perplexe les observateurs quant aux lourdes charges incombées à l’Assurance maladie. La situation est pourtant bien gérée rassure la décisionnaire.

Survivre d’un cancer est devenu aujourd’hui de plus en plus possible grâce à l’amélioration continue des traitements. Toutefois, il ne faut pas oublier que les patients demeurent encore fragiles durant leur période de rémission. Ils nécessitent, de ce fait, des soins en particulier afin de garantir leur guérison.

Consciente de cette situation, la ministre de la Santé et ex-présidente de l'Institut national du cancer, Agnès Buzyn, a prévu de mettre en place un accompagnement dédié aux malades en rémission, dont les coûts seront couverts par la Sécurité sociale.

Cette décision suscite pour autant quelques questionnements, notamment en ce qui concerne l’accentuation du déficit budgétaire de l’organisme. Mais la concerné se veut être rassurante sur ce point.


Aider les survivants du cancer à aller de l’avant

Éviter une éventuelle rechute est d’une importance capitale pour un malade en cours de rémission. Il n’est, en effet, plus à redire que les survivants du cancer ont un risque élevé d’une récidive de la maladie tout au long de leur vie. Et ce, même après plusieurs décennies.

Et il se trouve que cette déconvenue peut être évitée grâce aux mêmes solutions préventives du développement du cancer, telles que :

  • Le maintien d’un poids santé ; 
  • Une alimentation saine ; 
  • L’abstinence au tabac et la réduction de la consommation d’alcool ; 
  • L’activité physique régulière.

Or, il faut savoir que ce dispositif de prévention s’apparentant à un mode de vie sain semble être laissé pour compte. De fait, force est de constater que les patients post-cancéreux sont, en très grande majorité, en situation de surpoids. Près d’un tiers (33%) affectionnent, d’ailleurs, la sédentarité. Et le comble de tout, ils ne consomment pas le minimum requis de « cinq fruits et légumes par jour ».

Une sorte de résignation qu’Agnès Buzyn tend à pallier, compte tenu de ses anciennes fonctions en tant que dirigeante de l’Institut national du cancer. C’est dans cette vision qu’elle a dévoilé, le 22 septembre dernier, le lancement d’un projet portant sur le remboursement des accompagnements post-cancer par la caisse d’assurance maladie. Aussi a-t-elle déclaré sur le plateau du « Grand Jury » :

« La Sécurité sociale va prendre en charge le coût du parcours de soins après un cancer ».

Sont alors compris dans ce panier : l’activité physique, la diététique et le suivi psychologique des concernés.


Une décision judicieuse, mais peut être coûteuse

Ce dispositif de soutien aux survivants du cancer a été intégré dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2020 qui fera, d’ailleurs, l’objet d’une présentation le 30 septembre. Ce qui soulève de nombreuses questions quant aux dépenses de l’organisme.

D’autant que bon nombre de mesures ont été – ou vont être – entreprises par le gouvernement concernant, entre autres, les pensions alimentaires et les Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Mais la ministre de la Santé et des Solidarités a préféré jouer sur la discrétion en ce qui concerne les coûts y afférents. Sa réponse est, d’ailleurs, très éloquente :

« Mon objectif, c'est de ramener les comptes de la Sécurité sociale à l'équilibre, c'est très important pour les Français de savoir que la Sécurité sociale est bien gérée ».

Pour autant, il convient de préciser que le déficit de l’établissement social va être plus marqué cette année alors que ses comptes auraient dû se stabiliser pour la première fois depuis les 18 dernières années. À en croire le dernier rapport annuel de la CCSS (commission des comptes de la Sécurité sociale), publié le 11 juin dernier, le trou s’estimerait entre 1,7 et 4,4 milliards d’euros.