Le chikungunya, la dengue, le paludisme et la tuberculose figurent parmi les cibles de Moderna. La biotech souhaite développer de nouveaux vaccins afin de gagner du temps en cas d’une nouvelle pandémie et non pour le commercialiser. Pour atteindre cet objectif, elle invite les chercheurs du monde entier à utiliser sa plateforme technologique d’ARN messager.

Travaillant déjà sur les vaccins contre le VIH et Zika, Moderna cible désormais 15 agents pathogènes. Ces derniers sont considérés comme particulièrement menaçants par l'OMS ou Organisation mondiale de la santé. Cependant, ils sont négligés faute de débouchés commerciaux. Il s'agit entre autres du chikungunya, de la dengue et du virus Ebola.

La biotech américaine envisage de créer une bibliothèque de vaccins. Elle rejoint ainsi la CEPI ou Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies. Pour rappel, cette dernière a annoncé en 2021 un projet de 3,5 milliards de dollars. Il est destiné à faire avancer le développement de nouveaux vaccins.


La biotech ne vise pas la commercialisation des vaccins

Moderna a réalisé un chiffre d'affaires de 18,5 milliards de dollars l'année dernière. Cependant, il est utile de mentionner qu'avant la crise sanitaire, elle n'avait encore vendu aucun médicament. Le fait est que la commercialisation n'est pas sa vocation première.

Aussi, Stéphane Bancel, spécialiste de la technologie d'ARN messager à la tête de Moderna, s'est clairement exprimé lors de son entretien à l'AFP. Le développement des nouveaux vaccins s'arrêtera à la fin de la phase II des essais cliniques. Cette dernière visant à définir la dose nécessaire d'un médicament pour le rendre sûr et efficace.

Il s'agira de vaccins dont chacun pourra profiter au meilleur prix en recourant à un comparateur mutuelle santé.

Il s'agit d'établir une bibliothèque de vaccins pour pouvoir directement entrer en phase III des essais cliniques en cas d'émergence d'une pandémie. C'est la dernière étape avant la mise sur le marché. Ce qui permettra de gagner plusieurs mois.

Entretemps, Moderna prévoit de construire une usine au Kenya pour y produire de l'ARNm pour des vaccins à destination du continent africain.

Moderna mise sur son programme mRNA Access

La biotech à l'origine du vaccin Spikevax contre le Covid-19 espère développer les nouveaux sérums en favorisant la coopération entre laboratoires privés et publics. Pour cela, elle met à la disposition des experts scientifiques du monde entier sa plateforme technologique d'ARN messager. Ceux-ci pourront alors concevoir n'importe quel vaccin depuis leurs propres laboratoires. Par ailleurs, Stéphane Bancel rajoute :

Si pour certains virus, personne n'est candidat, nous le ferons nous-mêmes. Ces virus sont connus depuis longtemps.

Selon ce dirigeant, il est urgent d'effectuer des recherches sur ces maladies infectieuses. D'ailleurs, aspirant à un secteur pharmaceutique plus responsable, il compte bien se servir de la plateforme et des ressources financières de Moderna pour faire avancer ces recherches.