À Montréal, les syndicats des travailleurs de la santé et des services sociaux dressent un bilan inquiétant sur la progression incessante des violences et des accidents de travail, dont subissent les adhérents. Ainsi, ils lancent un appel aux autorités pour prendre les mesures de prévention qui s’imposent et éviter que la situation ne prenne de l’ampleur.

Des accidents de travail qui coûtent cher

Les syndicats ont mené leurs enquêtes auprès du MSSS (ministère de la Santé et des Services sociaux) et de la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail). Selon les données recueillies, les coûts relatifs à ces actes violents ont bondi de plus de +80 % au cours des deux dernières années.

Dans les détails, les coûts concernant les chutes ainsi que les troubles musculosquelettiques ont respectivement progressé de +45 % et de +36 %. Pour rappel, ces frais sont remboursés par l’Assurance maladie et les mutuelles.


Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec, dénonce

« Une déshumanisation du personnel de santé et des services sociaux ». « On associe souvent ces derniers à des robots, incapables de tomber malades »

S’insurge-t-elle.

Une détresse morale à déplorer

Dans les établissements publics, les heures d’absence ont augmenté de +34 % suite aux blessures et agressions au travail.

L’an dernier, plus de 4 millions d’heures de travail ont été perdues en raison des accidents, soit 2 400 postes à temps complet.

En plus de l’état de santé physique des employés, leur santé mentale est aussi en danger.

Sur les deux dernières années, près de 40 % des demandes de prestations en assurance salaire étaient justifiées par des soucis de santé mentale.

Appel pour un programme de prévention

Au regard de l’insuffisance de la main-d’œuvre dans le réseau de santé du Québec, il est plus qu’urgent que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, la ministre de la Santé et des Services sociaux et la CNESST prennent leurs responsabilités.

D’après les explications de Claire Montour,

« Le Comité national intersyndical de prévention en santé et sécurité, englobant sept organisations syndicales, milite depuis longtemps pour que le réseau de santé figure parmi les secteurs prioritaires dans l’application de la Loi sur la santé et la sécurité au travail ».

Pour éviter la souffrance au travail et réduire le nombre d’accidentés du travail, un programme de prévention devrait être mis en place. Il sera axé sur l’adaptation, l’équipement, l’aménagement, l’organisation du travail, etc.