Depuis le 1er septembre 2019, les étudiants ne disposent plus d’un régime spécifique et sont désormais rattachés à la Caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM). Le basculement a progressivement été mis en œuvre depuis 2018. Ainsi, les acteurs du secteur s’efforcent tant bien que mal de gérer cette perte d’activité à travers les rapprochements et les opérations de fusion-absorption.

Actée l’an dernier, la fin du régime étudiant de Sécurité sociale (RESS) a surpris les mutuelles étudiantes dans un premier temps, avant de provoquer de grands bouleversements dans le secteur. Ce changement implique la disparition d’une bonne partie de leur chiffre d’affaires.

Ces organismes se sont consacrés à la gestion d’une partie des tâches incombant à l’Assurance maladie obligatoire depuis 1948. En effet, la prise en charge des étudiants a constitué près de 70 % à 90 % de l’ensemble de leurs activités jusqu’en 2018. Comment les mutuelles procèdent-elles pour continuer à exercer ?

Les priorités des mutuelles

Afin d’assurer la pérennité de leurs activités, les mutuelles ont décidé de privilégier plusieurs actions incluant la consolidation des structures. Ainsi, la plupart des mutuelles ont décidé de créer des offres communes ou de lancer des partenariats avec les collectivités.


Par ailleurs, plusieurs organismes misent leur avenir sur la diversification de leurs produits ou de leur clientèle cible. Certaines mutuelles décident ainsi d’étendre leurs offres aux jeunes en général, incluant ainsi les actifs, les freelances, etc. D’autres préfèrent d’élargir leur domaine d’activité en se tournant vers le logement étudiant par exemple.

Avec la suppression du régime étudiant, les mutuelles ont perdu leur accès privilégié aux universités. Par conséquent, elles sont obligées de reconsidérer leur système de distribution, en misant sur les canaux digitaux. De nombreux acteurs choisissent ainsi de diffuser leurs nouveaux produits sur des plateformes dédiées.

La fin du régime étudiant implique également la disparition des moyens publics attribués aux mutuelles. D’ailleurs, les négociations pour conserver certains privilèges en la matière n’ont pas abouti. Ces organismes doivent ainsi revoir leur stratégie pour maintenir leur volume d’activité et rester tout aussi efficaces aux yeux des assurés.

Comme l’explique la présidente de la mutuelle des Étudiants (LMDE), une entité opérant au niveau national :

« (…) afin de continuer à faire bénéficier les étudiants d’initiatives de prévention sur tout le territoire, nous continuons de développer les actions avec les collectivités, comme c’est déjà le cas à dans la région Occitanie ou à Rennes où nous menons des opérations de prévention par les pairs (déambulations, interventions dans les lycées…), ou avec d’autres partenaires comme les Crous ».?

Regroupements inévitables

Dès l’annonce de la disparition de la mutuelle étudiante, la LMDE et les structures régionales ont dû trouver rapidement des solutions pour respecter le calendrier établi par les autorités. En effet, les étudiants sont censés avoir tous basculé vers la CPAM.


Entamés en 2018, les changements nécessaires ont déjà été réalisés dans leur majorité. Par exemple, les employés des mutuelles qui s’occupaient du RESS ont été progressivement transférés vers les CPAM de leur région. L’opération s’est déroulée sans problèmes notables selon les mutualistes.

La facilité de la transition s’explique probablement par la convention collective liant les acteurs en Sécurité sociale. Toutefois, certaines négociations, notamment avec la Cnam, concernant les baux et les coûts de la transition, n’ont pas abouti dans la majorité des cas.

Nombreuses sont les mutuelles ayant procédé à des regroupements. Ainsi, la Smereb et la Smeco, par exemple, ont fusionné avec la Smerra en 2018. Elles étaient toutes les trois membres de l’Union interrégionale et technique des sociétés étudiantes mutualistes (Uitsem).

De leur côté, la SMEREP et la MEP se sont réunies sous l’enseigne Heyme depuis le printemps 2019. La nouvelle marque ambitionne de couvrir les besoins en complémentaire santé des jeunes de 16 à 35 ans, des étudiants aux jeunes actifs, en passant par les freelances. Comme l’indique le président de la SMEREP, Hadrien Le Roux :

« Notre ambition est de devenir leader du marché jeunes d’ici trois ans, avec 110 000 adhérents contre 76 000 aujourd'hui ».