De nombreux patients continueront d’utiliser les médicaments homéopathiques malgré le déremboursement

La France figure parmi les nations à s’engager à rembourser les soins liés à l’homéopathie. Mais elle semble bien décidée à emboîter les pas des autres pays européens en envisageant d’y mettre un terme. Et ce, malgré les tentatives des industriels du secteur pour convaincre l’exécutif de ne pas y recourir à travers différents arguments en s’appuyant principalement sur une éventuelle baisse des achats.

Mais en s’approchant de près les usagers de ce type de remède, l’on peut affirmer que remboursés ou non, ils continueront d’utiliser les médicaments homéopathiques bien qu’ils soient bien nombreux à voir cette décision d’un mauvais œil.


De nombreux mécontents oui, mais…

D’après une enquête récente initiée par des laboratoires d’homéopathie, 70% des utilisateurs sont contre l’idée d’une éventuelle suppression de la prise en charge des remboursements des factures liées aux médicaments homéopathiques par l’assurance maladie. Ce qui serait logique d’ailleurs, même s’il s’agissait d’un autre type de produits.

Ainsi, ils sont bien nombreux à en être mécontents, mais il faut dire que ce genre de remède a plus d’un atout pour continuer à séduire ces derniers. À commencer par son coût qui est relativement bas si l’on croit un utilisateur qui s’est exprimé en ces termes :

« Je continuerai, c’est si peu cher ».

En affichant une moyenne de 2 euros par tube de granules, cette médication est en effet à la hauteur de tous les budgets.

Pour d’autres, ils y voient tout simplement l’efficacité. Ce serait bien le cas pour deux usagers qui ont maintenu leur position en affirmant respectivement que :

« Personnellement, ça ne changera pas. Je trouve que la santé est une priorité. J’ai trouvé dans l’homéopathie ce qui me convient ».
« Je ne remplacerai pas quelque chose qui marche bien par quelque chose dont je ne suis pas sûre ».

Ce qui n’est pourtant pas l’avis des experts de la Haute autorité de santé (HAS) qui ont tenu à faire savoir que :

« À ce jour, aucune étude scientifique fiable n’a prouvé la moindre efficacité de l’homéopathie ».

D’où sa décision de soutenir le déremboursement des traitements et soins liés à cette pratique. Un avis qui est d’ailleurs partagé par Agnès Buzyn, ministre de la Santé.


Les industriels craignent le pire

Du côté des industriels spécialisés dans la production de médicaments homéopathiques, le pire est à venir si cette décision venait à aboutir.

Ces derniers estiment en effet que l’impact sera négatif en termes d’emploi puisque de nombreux postes risquent d’être supprimés suite à la chute des ventes que le déremboursement aura engendrée. Dans ce sens, le Laboratoire Boiron, leader du marché anticipe d’ores et déjà la perte de près de 1 000 fonctions parmi ses employés.

Mais d’après un économiste de la santé, cette éventualité ne devrait pas avoir lieu en soutenant que :

« Boiron a des opportunités à l’export qui pourront venir compenser cette baisse ».

Quoi qu’il en soit, cette dégradation des achats pourrait également inciter les opérateurs concernés à opter pour une éventuelle hausse des prix qui peuvent être alors multipliés par trois ou pas quatre pour atteindre une moyenne de 8 euros le tube contre 2 euros actuellement.