Le 20 mai dernier, un nouveau cluster a été observé dans la ville de Bordeaux. D’après les renseignements recueillis, il aurait pris forme au cours de réunions familiales. Dans le détail, les contaminations portaient en grande partie sur des jeunes. Ce qui se révèle rassurant, estime le directeur général de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine.

Dans le quartier de Bacalan, un cluster d'un variant inquiétant a été identifié le 20 mai dernier. Impliquant au moins 46 individus, celui-ci a fait l'objet d'une réaction rapide de la part des autorités sanitaires locales.

Afin de briser la chaîne de contamination, ils se sont ainsi lancés à la recherche de tous les éventuels cas contacts. Une campagne à grande échelle de dépistage a également été mise en place. De leur côté, l'Agence régionale de santé a déployé un centre de vaccination provisoire dans le secteur susmentionné. Un dispositif organisé avec le ministère de tutelle. Selon les prévisions, 200 injections par jour devraient être réalisées pendant trois semaines.


Un variant unique

D'après le directeur général de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode, la plupart des individus infectés sont jeunes. Aucune hospitalisation ni forme grave n'a été relevée, ajoute-t-il. Et s'il manque pour l'instant d'informations concernant la gravité ou la transmissibilité du variant, le responsable se montre rassuré. Pour lui, les données recueillies démontrent l'efficacité des vaccins contre le virus mutant, dans la mesure où :

[…] Les personnes plus âgées, qui sont vaccinées à plus de 80 % pour les plus de 65 ans et à plus de 50 % pour les plus de 50 ans, ont l'air de ne pas avoir été contaminées […].

Dans ce contexte, la déclaration du professeur Patrick Dehail devrait soulager davantage, et ce, particulièrement les mutuelles santé. D'après le conseiller médical de Benoît Elleboode, le variant a déjà, bien que rarement, été détecté dans toute la France. D'après Santé publique France, il a seulement été repéré chez quelques cas intermittents en Île-de-France, Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes. Cependant, l'établissement souligne avoir récemment découvert des foyers de contamination dans la région francilienne et en Nouvelle-Aquitaine.

Analyser le génome dans le détail

Patrick Dehail annonce qu'à première vue, chez les Français en général :

[…] Il n'y avait encore jamais eu de cluster comme ça […].

Le professeur révèle que le variant a été décelé au CHU de Bordeaux lors d'un séquençage. Appelé VOC 20I/484Q, il a été classé parmi les variants préoccupants. Puisque c'est un dérivé du B.1.1.7 détecté en Grande-Bretagne, il est placé sous surveillance. D'autant plus qu'il s'accompagne de l'E484Q, une mutation suspectée d'augmenter sa transmissibilité. Une hypothèse que le Centre national de référence de Lyon est en train de vérifier, précise Patrick Dehail. D'après lui, le laboratoire doit mener un examen en profondeur du génome entier du virus.

Dans un autre registre, des réunions familiales qui se sont tenues le 8 mai dernier seraient à l'origine du cluster de Bacalan. Ensuite, la propagation du virus se serait produite à l'école Charles-Martin. Les autorités ont décidé de fermer momentanément l'établissement par précaution. À noter que 10 enfants y ont été testés positifs.