Au début de la campagne de vaccination, les autorités sanitaires ont décidé de vacciner prioritairement les résidents des Ehpad. Une mesure qui a semblé concluante, les indicateurs épidémiologiques ayant nettement diminué, chez les plus 75 ans, durant les deux mois qui ont suivi. Mais depuis deux semaines, la tendance semble s’être inversée.

Depuis mi-mars, les indicateurs épidémiologiques chez les septuagénaires et plus affichent une tendance haussière, comme le rapportent certains articles parus sur plusieurs sites web. Un rebond qui promet d'avoir un impact sur les cotisations d'assurance hospitalisation. Et qui a d'ailleurs de quoi intriguer, puisque cette tranche d'âge est considérée comme cible prioritaire pour les vaccins.

Dans son bilan du 25 mars, Santé publique France faisait ainsi état d'une augmentation à hauteur de 7 % du taux d'incidence chez les individus du troisième âge. Un indicateur qui a de nouveau augmenté de 13 % pour s'élever à 196 cas positifs pour 100 000 habitants, à en croire le dernier rapport publié en début avril.


Hausse du nombre d'hospitalisations

Depuis mi-janvier, le taux d'incidence chez les plus de 75 ans était en baisse continue. Une diminution que les épidémiologistes considéraient comme le résultat de la campagne de vaccination qui a vu les seniors être vaccinés prioritairement. En revanche, à cette période, le nombre d'hospitalisations des plus de 75 ans continuait d'augmenter avant de diminuer progressivement jusqu'à mi-mars.

Mi-janvier, 92,2 personnes, âgées de plus de 75 ans, pour 100 000 habitants étaient admises à l'hôpital. Cet indicateur ne s'estimait qu'à 59,3 individus de cette tranche d'âge pour 100 000 à mi-mars, avant de rebondir à 66,6 nouvelles hospitalisations pour la même proportion, à la fin de ce mois. À l'épidémiologiste, Fanny Chereau, de suggérer que la hausse de cet indicateur résulte probablement de l'intensification de la circulation virale.

Pourtant, on aurait pu penser que prioriser les seniors pour les doses vaccinales aurait pu les protéger d'un regain de l'épidémie du covid-19. Jusqu'à maintenant, 3,8 millions des plus de 75 ans ont reçu au moins une première injection. Il convient toutefois de noter que les vaccins ont pour principal dessein d'éviter que les personnes contaminées ne développent une forme sévère de la maladie et non de bloquer la chaine de transmission.


Faible couverture vaccinale chez les plus de 75 ans

Selon certains épidémiologistes, ce rebond des indicateurs épidémiologiques résulterait d'une couverture vaccinale insuffisante chez les plus de 75 ans, par rapport à la population générale. Dans les Ehpad, notamment, où les résidents ont été les premiers à recevoir les doses de vaccins fin décembre 2020.

À savoir, après trois mois de campagne, 93,5 % des résidents ont reçu au moins une première injection et 72,6 % d'entre eux ont aujourd'hui acquis l'immunité totale contre le covid-19. Par contre, seulement 28 % des plus de 75 ans en Ehpad ont reçu les deux doses du vaccin anticovid. Un taux faible qui les expose à un risque de contracter le coronavirus en cette période de recrudescence de la pandémie.

Il convient de préciser qu'une première dose vaccinale n'est pas à même de protéger l'individu d'une infection et selon les scientifiques, il faut encore compter environ deux semaines après la deuxième injection pour acquérir l'immunité complète contre le covid-19.