Jusque-là, seulement les appareils auditifs ont été concernés par le reste à charge zéro. Dès l’année prochaine, certaines catégories de prothèses dentaires et de lunettes seront aussi entièrement remboursables. Toujours est-il que cette réforme coûte un milliard d’euros à l’Administration. La Sécurité sociale prendra en charge 75 % du financement quand les complémentaires santé s’occuperont du reste.

D’après un sondage publié par l’Irdes en 2017, 25 % des Français évitent de se faire soigner par manque de moyens. C’est de ce constat qu’est née la réforme 100 % santé. Cette dernière vise en premier lieu à encourager les populations à consulter un médecin autant que possible.

Des mesures ont déjà été prises concernant les soins particulièrement onéreux ou faiblement remboursés par la Sécurité sociale et les professionnels de la complémentaire santé. Mais dès le 1er janvier 2020, certains soins d’optique et dentaires seront intégrés à la réforme. Les assurés bénéficieront ainsi d’un panier de soins intégralement remboursable.

De nouveaux paniers de soins sous présentation d’un contrat responsable

Pascale Soyeux, qui travaille chez le groupe mutualiste Covéa en tant que directrice santé et prévoyance, énonce que la plupart des compagnies d’assurance ne prévoient pas de transformer leur police. Elles préfèrent plutôt intégrer de nouveaux paniers à leur offre, conformément à la loi qui entrera en vigueur.


Afin de rassurer le plus grand nombre par rapport à la qualité des soins, les assureurs peuvent directement orienter les assurés vers des partenaires du même réseau. C’est ce que révèle un haut responsable d’un groupe de renom à l’échelle européenne.

Encore faut-il, pour prétendre à des soins sans reste à charge, disposer d’un contrat dit « responsable ». Tous les assurés pourront en bénéficier, y compris les Français qui profitent des garanties apportées par la complémentaire santé solidaire.

À en croire les dispositions de la réforme, les médecins seront chargés d’informer leurs patients de l’existence de l’offre en question. De cette façon, ces derniers ne renonceront pas aux soins adaptés à leur besoin sous prétexte que le budget est serré.

Des plafonds différents en fonction des soins demandés

En 2020, les opticiens seront tenus de présenter une dizaine de modèles de montures inclus dans le panier de soins 100 % restituable. Il s’agit notamment des références de classe A. Si le prix de la monture est plafonné à 30 euros, celui des verres dépend des éventuelles corrections. Il oscille par exemple entre 32,50 et 117,50 euros lorsqu’il est question d’un verre unifocal.

La somme à prévoir pour les soins des dents dépend du matériau utilisé, mais aussi de leur emplacement dans la bouche. Par exemple, la pose d’une couronne métallique coûtera 290 euros tout au plus où que la dent soit située.


Quant aux appareils auditifs, l’offre 100 % santé vaut pour les deux oreilles, à moins que l’assuré n’ait l’intention de procéder à un renouvellement. Dans ce cas, seule une prothèse sera entièrement remboursée, et ce, tous les 4 ans. Par ailleurs, la prise en charge complète ne sera opérée qu’en 2021. Néanmoins, le tarif de certains appareils a été limité à 1 300 euros depuis le mois de janvier dernier. D’après le ministère de la Santé, le bénéfice récolté par les usagers pour chaque oreille s’établit à 100 euros.

Une hausse probable des cotisations avec l’application progressive de la réforme

Certains assureurs envisagent de faire en sorte que l’écart entre les anciens et les nouveaux tarifs 2020 ne soit pas très significatif. D’autres manifestent leur volonté de maîtriser les dépenses supplémentaires tout en observant le taux de souscription aux formules 100 % santé.

Cependant, il est probable que les assurés n’attendront pas très longtemps avant de s’apercevoir que les prix augmenteront une fois que la réforme sera appliquée dans son intégralité. Il n’empêche que les mutuelles santé, en dehors de toute obligation, ont pris l’engagement d’être plus claires sur les questions de remboursement.

Quelles que soient les conséquences économiques du reste à charge zéro, les assurés peuvent négocier les prix des services avec leur compagnie d’assurance, et ce, jusqu’à la fin de l’année prochaine. Dans le cas contraire, ils ont la possibilité de résilier leur contrat santé pour en signer un autre plus rentable.