Le mois de novembre est officiellement inscrit, depuis quatre ans, « Mois sans tabac » dans les annales françaises. Période pendant laquelle le sevrage semble réussir davantage puisque les fumeurs bénéficient d’un soutien collectif et d’un encouragement mutuel. Ils reçoivent également des conseils adéquats sur les substituts nicotiniques les aidant à poursuivre la voie qu’ils ont décidé d’entreprendre.

Le tabac tue incontestablement. Les consommateurs français ne font pas exception à la règle puisque quelque 75 000 individus succombent tous les ans alors que cela peut être évité. À savoir, près de 25% de la population adulte sont des fumeurs quotidiens dans le pays. Pour faire face à ce fléau, de nombreuses mesures ont été mises en place, entre autres la forte imposition du tabac ainsi que le remboursement de certains dispositifs d’aide au sevrage.

Et pour la 4ème année consécutive, le Mois sans tabac offre des perspectives pour le moins prometteuses, avec une réduction de près de deux millions de dépendants à la nicotine enregistrée en l’espace de deux ans. Il faut dire que le caractère collectif du mouvement y est pour beaucoup. Sans oublier le fait qu’au-delà de 30 jours, les symptômes de manque auront nettement diminué.


Se tenir les coudes pour mieux lutter contre le tabac

Arrêter de fumer, c’est un si grand défi que bon nombre d’individus ont du mal à relever. Mais avec de la volonté et souvent de l’aide extérieure, il est possible de s’en sortir. C’est avec cette vision que l’idée du Mois sans tabac a été fondée. À noter que ce mouvement de soutien, qui devait durer tout ce mois de novembre, est organisé par des entités publiques depuis déjà quatre ans.

Et il faut admettre que les résultats sont sans appel à en croire les données statistiques qui ont révélé que la proportion des fumeurs quotidiens adultes (de 18 à 75 ans) a notablement régressé sur un an, en passant de 26,9% à 25,4% entre 2017 et 2018.

D’autres dispositifs auraient pu certainement les aider à décrocher, tels que le rehaussement depuis 2017 des taxes sur le tabac visant à décourager sa consommation et le remboursement par l’assurance santé publique des substituts nicotiniques depuis mai 2018 (patchs, gommes, etc.). À savoir, rien que cette année, le nombre d’assurés indemnisés remonte à 140 000, voire 160 000 par mois. Un chiffre deux à trois fois supérieur par rapport à celui enregistré auprès de la Sécurité sociale en 2018.


Sans oublier l’incroyable essor des cigarettes électroniques qui, bien que non recommandées officiellement, sont des alternatives très recourues par les fumeurs durant leur sevrage. Mais pour le ministère de la Santé, la Santé publique France et l’Assurance maladie, le Mois sans tabac a également joué un rôle important dans cette baisse historique du tabagisme en France (1,6 million de fumeurs quotidiens en moins entre 2016 et 2018).

Et le nombre de Français qui ont promis de n’allumer aucune cigarette, durant le mouvement annuel, en est une preuve tangible :

  • 180 000 fumeurs inscrits sur le site web Tabac info service en 2016 ; 
  • 157 000 environ en 2017 ; 
  • 241 000 en 2018 ; 
  • 155 000 à la veille de la 4ème édition, en plus de ceux qui ne se sont pas déclarés officiellement.

Un succès inscrit sur le long terme

Si le mouvement affiche de grands succès, c’est certainement parce que le degré d’influence est très élevé. En effet, qui de mieux qu’une personne connaissant les affres de l’addiction pour encourager une autre à décrocher ? D’autant plus que des personnalités publiques influentes y participent aussi, telles que Daphné Bürki et Xavier de Moulins.

Sans parler des réseaux sociaux qui contribuent à populariser l’opération ainsi que des outils mis à disposition des fumeurs désireux d’arrêter, entre autres la consultation d’un tabacologue, outre l’aide à distance auprès du site d’inscription. Au ministère de la Santé de souligner :

« Participer à un mouvement collectif facilite la démarche d’arrêt. Les fumeurs sont nombreux à vivre en même temps les bénéfices et les difficultés de l’arrêt ».

À préciser également qu’après 30 jours d’abstinence, un individu a plus de chance de demeure non-fumeur puisque le sentiment de manque aura amplement diminué. D’ailleurs, les autorités de santé assurent que le taux de réussite du sevrage est doublé à un an après avoir participé au Mois sans tabac. Les résultats révélés dans le Baromètre de 2017 sur le comportement tabagique à plus long terme réalisé par la Santé publique France sont écrits noir sur blanc :

« Parmi les fumeurs ayant fait une tentative d’arrêt fin 2016 [...] 6 à 10% étaient toujours abstinents un an plus tard. C’est le double des taux habituellement observés dans les études scientifiques [...] lors de tentatives d’arrêt sans aide extérieure ».