Cette forme longue du Covid-19 fait partie de celles qui inquiètent actuellement les autorités sanitaires. En effet, il est pour l’instant difficile de l’identifier d’une manière précise. En conséquence, la prise en charge des patients est complexe et peut prendre du temps. Les symptômes, nombreux et variés, ne facilitent pas le travail des médecins.

Certains patients présentent les symptômes du Covid-19 plusieurs semaines, voire des mois, après leur infection. Lorsque cela se produit, on parle désormais de Covid long. Selon les chiffres de la Haute Autorité de Santé, cette forme touche jusqu'à 20 % des patients en France. Nombre d'entre eux ne parviennent cependant pas à reconnaître la maladie qui les affecte. Cette difficulté est néanmoins partagée par les professionnels de santé. En effet, il n'existe aucun expert sur lequel compter tant l'infection est récente. Face aux enjeux, l'Occitanie n'a pas hésité à réaliser des investissements pour améliorer la prise en charge des individus concernés.


Des structures spécialisées pour accueillir les patients

L'infectiologue Muriel Alvarez, du CHU de Toulouse, parle de cas d'errance médicale dont sont victimes les patients. Elle indique avoir reçu des personnes qui se sentent seules et mal comprises, cherchant à connaître ce qui leur affecte. Et ce, depuis plusieurs semaines.

Les difficultés résident dans la méconnaissance de la maladie, tant par les professionnels que par les patients. Ceci peut aussi faire entrave à l'intervention de la mutuelle santé. Selon Carine Levêque, de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Gers, plusieurs patients présentent les symptômes sans en savoir les raisons. Certains montrent des signes de fatigue, d'autres font face à des douleurs. Ils omettent souvent de réaliser un bilan de santé. Ils peuvent pourtant bénéficier de séances qui permettent par exemple une réadaptation à l'effort.

L'objectif aujourd'hui est ainsi d'informer le public et les médecins, et d'orienter les malades vers les structures adaptées. Dans ce cadre, l'Agence régionale de santé Occitanie a mis en place des centres dédiés. Ils s'occuperont des patients atteints de la forme longue du Covid-19. La région compte six structures qui seront hébergées par :

  • Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse ;
  • La Clinique Saint-Exupéry de Toulouse ;
  • La Clinique Clémentville de Montpellier ;
  • La Clinique Saint-Jean de Montpellier ;
  • L'Hôpital de Perpignan ;
  • La Clinique du Parc de Castelnau-le-Lez.

Des symptômes toujours présents six mois après l'infection

Les investissements réalisés par l'Occitanie lui coûtent 2 millions d'euros. Ils sont menés en vue d'améliorer les travaux en matière de diagnostic et de réhabilitation des patients.

Les six centres ouverts seront épaulés par 18 structures de réadaptation et 13 cellules de coordination post-Covid.

Les premières proposent par exemple des séances de réadaptation respiratoire ou de réadaptation à l'effort. Les établissements de coordination doivent pour leur part renseigner les malades et les médecins.

Le partage d'expérience est indispensable face à cette forme de la maladie selon les experts. Les autorités sanitaires font d'ailleurs de son traitement une priorité vu ses impacts et le nombre de personnes atteintes. Pour les professionnels de santé, le but est dans un premier temps d'établir le bon diagnostic. Ils doivent en ce sens parvenir à mettre de côté toute maladie qui peut avoir des symptômes identiques. Une fois le Covid long identifié, il faut diriger les patients vers les structures qui leur sont destinées.

  • Les symptômes relevés à ce jour sont nombreux :
  • Maux de tête ;
  • Fatigue ;
  • Douleurs musculaires, articulaires et thoraciques ;
  • Essoufflement sans lien avec des efforts physiques ;
  • Problèmes digestifs ;
  • Troubles du sommeil ;
  • Palpitations cardiaques ;
  • Problèmes oculaires ;
  • Perte de l'odorat et du goût ;
  • Difficultés à se concentrer ou à mémoriser.

Au premier trimestre 2022, l'Occitanie a enregistré 400 cas de Covid long. En France, environ 20 % des patients auraient un ou des symptômes combinés après cinq semaines. Ils persistent au-delà de 6 mois chez plus de 10 % des malades, selon la Haute Autorité de Santé.