La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière en France a commencé le mardi 13 octobre dernier. Une dizaine de jours après, l’un des plus grands syndicats de pharmaciens rapporte déjà le cas de plusieurs distributeurs en rupture de stock. Alerté sur la situation, le gouvernement appelle au calme.

Cette année, les Français semblent plus nombreux à vouloir se faire vacciner contre la grippe saisonnière. La crainte de l'épidémie de Covid-19 y est sans doute pour quelque chose selon les observateurs. La très forte demande a toutefois des conséquences majeures sur l'approvisionnement en vaccin, et les prémices d'un risque de pénurie sont déjà apparues.

D'après l'USPO ou Union syndicale des pharmaciens d'officine, la majorité des points de vente agréés se trouvent déjà dans l'incapacité de répondre aux demandes des patients, 10 jours seulement après le début de la campagne. L'État, par le biais du ministre de la Santé, tente de rassurer les pharmaciens et la population, en annonçant des vagues de livraison dans les prochaines semaines.


Un démenti et un message d'assurance du gouvernement

Le vaccin antigrippal, qui bénéficie d'une prise en charge de la Sécurité sociale et de la mutuelle santé, se trouve cette année au cœur d'une passe d'armes entre :

  • le Gouvernement?; 
  • les pharmaciens.

Face aux complaintes de pénurie formulées par ces derniers, le ministre de la Santé oppose un démenti plus ou moins formel. Selon lui, les ruptures de stock concerneraient uniquement près d'une vingtaine de pharmacies, une estimation bien loin des chiffres annoncés par l'USPO. Olivier Véran tente de rassurer les officines en annonçant une livraison de 1,2 million de doses supplémentaires « prochainement ».

Ce nouvel approvisionnement est en ligne avec la stratégie habituelle du Gouvernement et de ses partenaires, qui ont toujours procédé à des livraisons étalées dans la durée, soit pendant toute la campagne de vaccination qui s'étend d'octobre à janvier. Pour clore son argumentaire, le ministre souligne que l'épidémie devrait survenir seulement vers décembre ou janvier.

Les pharmaciens fustigent le manque de réactivité des laboratoires

L'USPO martèle que la situation dans les officines atteint actuellement un seuil critique. Des 7,5 millions de doses livrées dans les pharmacies membres de ce syndicat, 7 millions ont déjà été écoulées avant fin octobre. Selon son président, entre 70 et 90 % des établissements de son réseau se sont trouvés rapidement en rupture de stock. La Fédération des pharmaciens d'officine confirme ses dires. Ce syndicat rapporte aussi plusieurs signalements de distributeurs qui n'ont plus de vaccin antigrippal en réserve.


Cette pénurie à l'échelle nationale s'explique en grande partie par l'explosion de la demande, tant au sein des personnes à risque que dans le reste de la population. Dans les jours qui ont suivi l'ouverture de la campagne, les officines ont dû faire face à de longues files d'attente de personnes reconnues comme prioritaires par l'Assurance maladie. L'USPO dénonce également le manque de planification et de réactivité des laboratoires, qui ne sont pas en mesure d'anticiper la forte hausse des demandes en période d'épidémie.

Les pharmaciens se trouvent ainsi dans l'incapacité de répondre favorablement à toutes les demandes, en attendant le reste des 15 millions de doses prévues par le ministère de la Santé pour la campagne de vaccination.