Alors que la lutte contre la pollution de l’air fait actuellement fureur, une étude a révélé que le corps humain n’est pas à l’abri d’agents polluants dits du quotidien. Les enfants, notamment, sont les plus exposés. S’il est facile d’en être contaminé, l’on doit savoir qu’il est aussi possible de diminuer les niveaux d’imprégnation.

Emballages alimentaires, produits ménagers, cosmétiques, etc. Même les jouets qui sont a priori inoffensifs peuvent contenir des polluants chimiques, à en croire les résultats d’une étude à grande échelle menée par l’Agence Santé publique France, et révélé en début du mois.

Il s’avère, en effet, que six types de substances ont répondu présents dans l’organisme des trois milliers d’individus, mis en examen dans le cadre du Grenelle Environnement. Certes, aucune preuve n’a été relevée quant à l’éventualité d’une menace sur la santé publique. Néanmoins, certains agents sont à risque. À savoir également que l’exposition est plus importante chez les jeunes enfants.


En tout cas, l’organisme ne compte pas en reste là et prévoit d’élargir ses recherches sur d’autres produits du quotidien.

Six substances nocives détectées

La protection de l’environnement concerne tout un chacun. En effet, tout le monde se pose aujourd’hui des questions sur la qualité de l’air extérieur. Force est pourtant de constater que la pollution intérieure peut susciter de l’inquiétude.

De fait, les produits utilisés quotidiennement pour la lessive, le ménage et l’entretien contiennent en grande majorité de polluants chimiques. Certains articles nécessaires aux soins de santé et au cosmétique également ainsi que certains jouets, sans oublier les nourritures.

C’est en tout cas ce qu’ont révélé, mardi 3 septembre dernier, les résultats des études effectuées sur quelque 3 600 personnes entre 2014 et 2016, dont 2 503 adultes et 1 104 enfants, qui ont accepté de se faire prélever leur urine, leurs cheveux et leur sérum. Cela afin que des chercheurs puissent les analyser sous la houlette de l’Agence Santé publique France.

70 biomarqueurs ont été mis en observation, à l’issue de laquelle six agents ont été détectés, à savoir les bisphénols (A, S et F), les parabènes, les phtalates, les éthers de glycol, les composés perfluorés et les retardateurs de flamme bromés.


Or, parmi ces substances se trouvent des agents suspectés d’être l’origine de certaines tumeurs, voire des cancérogènes avérés. D’autres étant des perturbateurs endocriniens. Tous des désagréments que l’assurance maladie se veut d’alléger grâce à la prise en charge des coûts de traitement.

Les analyses ont permis de savoir qu’adultes et enfants, sans exception, sont imprégnés par ses agents polluants. Mais le plus inquiétant, c’est que les taux sont plus élevés chez les plus jeunes, en l’occurrence les bébés pour plusieurs raisons, dont :

  • Leur forte exposition aux poussières domestiques ; 
  • Leur habituelle « main bouche » qui les fait ingérer directement des substances nocives ; 
  • Leur faible poids corporel vis-à-vis de leur quote-part alimentaire.

Une politique d’informations publiques est de mise

Lancée sur cette voie, l’agence promet de poursuivre ses recherches afférentes à la biosurveillance qui se porteront prochainement sur les pesticides et les métaux.

Mais en attendant, les autorités sanitaires promettent de mettre en place une obligation d’information de la population, notamment en ce qui concerne l’éventuelle présence de perturbateurs endocriniens dans les objets de la vie courante.

Pour ce faire, un site web spécialisé sera lancé avant la fin de l’année. Toujours dans cette visée, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) dressera une liste de ces agents pour les porter en connaissance du grand public.


Par ailleurs, les réponses des 3 600 individus au questionnaire qui leur a été remis, concernant leur consommation alimentaire, leurs habitudes ont permis de conclure que les niveaux d’imprégnation des polluants descendent à mesure que la maison est plus aérée. À Sébastien Denis, directeur santé-environnement-travail chez l’agence nationale de santé publique, de rappeler :

« Des recommandations très simples comme l'aération des logements ont été trouvées comme une des mesures permettant de réduire l'imprégnation des personnes ».