Au Brésil, la barre des 1 000 décès quotidiens est à nouveau dépassée depuis quelques jours. Le pays s’aligne désormais sur les États-Unis et se trouve parmi les plus durement touchés par le Covid-19. À l’origine de cette régression, l’absence d’une politique nationale pour combattre le virus, des relâchements et le variant amazonien.

Les chiffres explosent au Brésil. Le nombre de malades du Covid – qui peut être pris en charge par l'assurance maladie – ne cesse d'augmenter. Il en est de même pour le nombre de décès qui dépasse désormais 1 000 par jour.

Le pays traverse actuellement la phase la plus difficile de la pandémie. Il faut dire que la deuxième vague a fait plus de ravages que la première. Or, il est loin d'être au point niveau stratégie.

À défaut d'une politique nationale, les maires et les gouverneurs tentent de limiter les dégâts avec des restrictions locales. Les épidémiologistes dénoncent les relâchements pendant les fêtes, accentués par la propagation du variant amazonien.


Plus de 1 900 décès en 24 heures

Face à la situation, Sao Paolo a décidé d'appliquer à nouveau le confinement depuis le 6 mars dernier. Il devrait durer deux semaines et se traduit par la fermeture des magasins, centres commerciaux, bars et restaurants. Seules les activités jugées essentielles sont maintenues, liées à l'alimentation, au transport et à la santé.

Dans la capitale, les bars doivent également cesser temporairement leur activité. Les restaurants peuvent toutefois proposer des plats à emporter.

Les États du Sud (Rio Grande do Sul, Paraná…) ont opté pour le couvre-feu et l'arrêt des activités non essentielles. Les mêmes mesures sont appliquées dans certains États du Nord et du Nord-Est, à l'instar de Rondônia, Acre ou Pernambouc.

Les résultats montrent pourtant que cette stratégie est loin d'être efficace. Le 3 mars dernier, 1 910 personnes sont décédées du Covid-19. La veille, le pays avait déjà enregistré un triste record avec 1 641 morts. Il revient ainsi à la situation vécue entre juin et août 2020, où il enregistrait plus de 1 000 décès par jour.

Les chiffres continuent ainsi de grimper, tant pour le nombre de contaminations que pour la mortalité. Il y aurait également de plus en plus de personnes souffrant de syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS).


Un taux d'occupation de plus de 80 % dans les hôpitaux

Dans 19 États (le pays en compte 27), plus de 80 % des lits en soins intensifs sont occupés actuellement. Et côté vaccination, les avancées sont faibles. Seuls 7,1 millions de personnes ont reçu la première dose. Le nombre de personnes ayant reçu les deux injections s'élève à 2,1 millions. À titre d'information, le pays compte 212 millions d'habitants.

La fondation Fiocruz, rattachée au ministère de la Santé, indique que :

Pour la première fois depuis le début de la pandémie (il y a plus d'un an) on assiste dans tout le pays à une détérioration des différents indicateurs.

Selon les épidémiologistes, ce rebond épidémique serait la conséquence des fêtes de fin d'année. D'ailleurs, une augmentation est à prévoir dans les prochains jours suite aux rassemblements à l'occasion du carnaval. À cela s'ajoute l'arrivée du variant amazonien qui se transmet plus facilement que le virus originel.

Sur les sept derniers jours, la moyenne mobile des décès se situait à 1 331. Un chiffre qui n'a jamais été atteint avant le mois de février. Bilan actuel : 259 271 morts au total. Ce qui classe le Brésil parmi les pays où la mortalité est la plus élevée.