La réforme 100 % Santé a été entreprise en France pour faciliter l’accès aux soins auditifs, dentaires et optiques. La DREES ou Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques propose un bilan plus d’un an après son application. Les données recueillies indiquent que plus de la moitié des Français ont une connaissance du dispositif.

Réalisé chaque année depuis 2000, le Baromètre de la DREES suggère un état des lieux du système sanitaire en France. En 2021, l'organisme a choisi de s'intéresser au dispositif baptisé 100 % Santé ou Zéro reste à charge. Il est appliqué intégralement dans l'Hexagone depuis janvier 2021. Plusieurs mois après son entrée en vigueur, la DREES a voulu évaluer le niveau d'information de la population cible. Une enquête menée auprès de 4 000 Français a permis de savoir que plus de la moitié en ont entendu parler. Certains y adhèrent pendant que d'autres hésitent à le solliciter. La majorité des personnes qui souhaitent y recourir sont issus de ménages modestes.


Les modalités d'accès ne sont pas toujours comprises

Le nombre de personnes qui envisagent d'utiliser le dispositif 100 % Santé baisse au fur et à mesure que le revenu augmente. C'est l'une des conclusions avancées par la DREES dans son étude. Ainsi, sur les 20 % des participants ayant des revenus modestes, 72 % projettent d'y avoir recours. La proportion est de 28 % chez les 20 % aisés.

D'une manière générale, 72 % des Français qui envisagent de l'utiliser en 2022 sont des personnes à faibles revenus. 70 % sont des patients ayant renoncé aux soins proposés faute de moyens financiers. Enfin, 66 % sont des individus pour qui le montant du reste à charge était particulièrement important.

La DREES explique ces différences par une perception erronée de la prestation. Selon elle, la plupart des personnes de classe supérieure pensent qu'il existe des critères de sélection basés sur le revenu. Certaines peuvent ainsi se contenter d'une mutuelle,

En essayant de trouver la meilleure offre à l'aide d'un comparateur mutuelle santé.

Parmi les personnes qui ont besoin des soins prévus par le dispositif, une sur deux prévoit de s'en servir. Chez les individus qui n'envisagent pas d'y recourir, diverses raisons ont été avancées pour justifier leur choix. 29 % considèrent que leurs revenus sont suffisamment élevés. Pour 12 %, les équipements disponibles ne répondent pas forcément à leurs besoins. D'autres explications ont été apportées par 10 % d'entre eux.

Les personnes attentives à leur état de santé sont mieux informées

Néanmoins, l'intention diffère selon le niveau d'information des participants. 41 % des Français qui n'ont aucune connaissance du dispositif envisagent d'y recourir. La proportion atteint 61 % chez ceux qui avouent le connaitre et avoir une idée du profil des bénéficiaires.

En tout, sur les 4 000 personnes interrogées, 53 % indiquent avoir été informés de l'existence du « Zéro reste à charge ». Les individus diplômés sont plus nombreux à le connaitre : 60 % d'entre eux ont appris qu'il existe. Il est aussi plus connu des Français de 45 à 64 ans, 62 % en ont entendu parler dans cette catégorie. C'est aussi le cas chez les personnes ayant un problème de santé. 65 % d'entre elles sont à jour en matière d'information. 61 % reconnaissent le dispositif chez celles qui affirment se soucier de leur état de santé.

L'étude a été menée entre octobre et décembre 2021. Elle révèle que le niveau de connaissance du dispositif a gagné 11 points. Pour rappel, le Zéro reste à charge propose un remboursement intégral pour un panier d'équipements bien défini. Il vise trois types de soins :

  • Des soins optiques ;
  • Des soins dentaires ;
  • Des soins auditifs.

L'objectif est de diminuer les frais à la charge des Français après l'intervention de l'Assurance maladie et la complémentaire santé.