L’université d’Oxford et le laboratoire AstraZenenca ont mis au point un vaccin anticovid qui, après de nombreuses semaines d’attente, a enfin reçu une autorisation de mise sur le marché. Toutefois, on ne dispose pas encore des données d’études complètes sur ses effets, c’est pourquoi la Haute Autorité de Santé a décidé de le réserver aux moins de 65 ans.

Le vaccin anticovid développé conjointement par le laboratoire AstraZeneca et l'université d'Oxford a finalement reçu l'approbation des autorités sanitaires européennes pour être commercialisé sur le vieux continent. En effet, le 29 janvier dernier, ce vaccin est autorisé à circuler sur le marché européen. L'État va donc pouvoir disposer de plus de doses vaccinales ce qui pourrait accélérer la campagne de vaccination.

C'est une bonne nouvelle pour la population de l'Hexagone, toutefois les distributeurs d'assurance santé pour les personnes de troisième âge, en l'occurrence la mutuelle senior, indiquent que ce nouveau vaccin n'est pas recommandé à leurs assurés. D'ailleurs, la Haute Autorité de Santé française a décrété que ces nouvelles doses vaccinales seront réservées aux personnes âgées de moins de 65 ans.


Des données d'études incomplètes

Même si le vaccin contre le covid-19 développé par l'université d'Oxford et le laboratoire AstraZeneca a reçu une approbation de mise sur le marché, l'on ne dispose pas encore des données d'études complètes à son sujet, notamment sur ses éventuels effets secondaires. Cela pourrait être préjudiciable pour les personnes les plus vulnérables, à savoir les seniors.

Il faut dire que l'Agence européenne des Médicaments n'a émis aucune restriction à ce sujet, bien qu'elle ait admis que les informations à propos des effets du vaccin sont incomplètes. Aux différents États de décider s'ils souhaiteraient imposer des restrictions. En France, les autorités sanitaires ont indiqué que ce nouveau vaccin ne pourra pas être administré aux plus de 65 ans, et ce, jusqu'à nouvel ordre.

En effet, c'est ce qu'a annoncé la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un communiqué présenté le 2 février dernier, rajoutant que pour ces personnes, seulement les vaccins à ARN messager seront utilisés. Encore faut-il rappeler que la HAS a également recommandé l'administration d'un antidote au Covid-19 aux personnes les plus vulnérables et les plus exposées en priorité et en commençant par ceux qui présentent des comorbidités.

En clair, faire vacciner par le produit d'AstraZeneca les personnes âgées de 50 à 64 ans et les professionnels de santé de moins de 65 en premier est de ce fait préconisé.


Ce que l'on sait pour le moment

À l'instar de la France, l'Allemagne a également décidé de réserver le vaccin d'AstraZeneca aux moins de 65 ans. La Belgique se montre plus prudente et a indiqué que seuls les moins de 55 ans sont éligibles à ce vaccin, compte tenu du manque de données d'études. Toutefois, on dispose déjà de quelques informations sur ce nouvel antidote contre le covid-19.

À la différence du vaccin conçu par Pfizer qui est à ARN messager, celui d'AstraZeneca est à vecteur viral. Ici, on utilise un virus non pathogène modifié afin qu'il ne puisse pas proliférer. Puis, la séquence codant pour la protéine S du covid-19 est intégré à son génome dans le but de déclencher une réponse immunitaire s'attaquant spécifiquement à la protéine S, et donc au coronavirus.

De plus, les vaccins d'AstraZeneca sont plus faciles à conserver. Contrairement à ceux de Pfizer, ils peuvent être gardés à température normale. Concernant les modalités de traitement avec ce nouvel antidote, les patients se font vacciner une première fois, puis ils devront recevoir une seconde dose entre 9 et 12 semaines plus tard.