Le reste à charge est la différence entre le montant payé par un assuré et la somme remboursée par la complémentaire santé et l’assurance maladie. D’après une étude de la Drees, ces frais varient en fonction de divers critères, bien que le taux de remboursement soit les mêmes pour les assurés.

La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques a mené une étude portant sur le reste à charge (RAC) moyen en France. Les résultats de cette enquête ont été publiés au mois de novembre dernier et relatent d'énormes différences entre les RAC des assurés. Des disparités notamment dues à l'âge, mais cette inégalité varie également en fonction du département.

Toujours est-il que les RAC sont particulièrement élevés chez les 85 ans et plus, et ce, en dépit de la participation de leur mutuelle senior. L'étude de la Drees a en effet révélé que cette catégorie de patients doit encore débourser jusqu'à 1 000 euros par an pour accéder aux soins dont elle a besoin pour sa santé.


Une inégalité entre les départements

Le RAC représente les frais de santé qui restent à la charge d'un patient. Même si la branche maladie de la Sécu et la mutuelle participent au paiement de ses dépenses de santé, il en reste une part qui devra être réglée par l'assuré. Cette part à débourser de ses poches concerne notamment les dépassements d'honoraires ainsi que certaines contributions, telles que le ticket modérateur ou le forfait hospitalier. Mais l'étude de la Drees a révélé que l'âge est un facteur prépondérant pour ce qui est des différences du RAC.

D'ailleurs, ces disparités se remarquent particulièrement au niveau des frais hospitaliers. Si généralement le reste à charge hospitalier est de 396 euros, il s'élève à 880 euros en moyenne chez les octogénaires et plus.

Mais un autre facteur influe sur ce montant. En effet, le RAC varie aussi d'un département à un autre. Il est plus conséquent dans les départements à plus faible densité démographique, ce montant pouvant être jusqu'à trois fois plus élevé que le normal.

Davantage de soins, donc davantage de dépenses

De manière générale, les personnes âgées de 85 ans et plus doivent payer de leur poche 1 000 euros par an en moyenne, pour leurs dépenses de santé, à en croire les résultats de l'étude de la Drees. À titre de comparaison, ce montant est quasiment trois fois supérieur à celui des 36-40 ans. Mais cette différence a néanmoins de quoi intriguer, puisque tous les patients sont remboursés à la même hauteur.


Aux analystes d'indiquer qu'entre un patient de 6 ans et 85 ans, les besoins en matière de santé ne sont pas les mêmes. Les personnes du troisième âge requièrent davantage de soins et doivent consulter un médecin plus fréquemment ou être hospitalisées. En conséquence de quoi leurs RAC augmentent-ils.

Et, toujours d'après l'étude de la Drees, 65 % des plus de 85 ans sont sujets à des affections de longue durée, soit une dépense de santé supplémentaire. Il est également à noter que les personnes âgées plébiscitent souvent les soins hospitaliers au détriment des soins de ville, or, les frais de santé dans les hôpitaux sont moins bien remboursés.