Alors que le variant Delta progresse rapidement dans l’Hexagone, l’État vise à immuniser l’ensemble de la population française. Et pour atteindre cet objectif, il devra pousser davantage la vaccination chez les personnes les plus fragiles. Parmi elles se trouvent entre autres celles souffrant de troubles psychiatriques, en situation d’obésité, ayant contracté le VIH, etc.

En France, différentes failles et contrastes se font ressentir dans la campagne de vaccination, s'agissant des personnes considérées à risques. C'est notamment le cas des individus sujets au moins à une affection chronique et/ou sévère (asthme, diabète, cancer…). Un des publics prioritaires à l'immunisation.

Dans ce cadre, 52 % des Français avaient reçu une première dose de vaccin contre le SARS-CoV-2 au 27 juin dernier. Chez les plus de 18 ans atteints d'au moins une pathologie sévère et/ou chronique, l'Assurance maladie relève une meilleure proportion (71,4 %). Un ratio qui recèle en réalité d'énormes hétérogénéités, sachant que la progression s'est faite moins rapide pour certains groupes.


Des lacunes dans l'accompagnement des personnes obèses

C'est principalement le cas des personnes victimes d'obésité, dont seulement 50 % seraient vaccinées avec une première dose, selon les estimations. Pareil pour les patients souffrant du SIDA dont 61 % auraient fait l'objet d'une première injection. Selon Jean-Daniel Lelièvre, les conditions particulières des individus sujets à des maladies ont généré de l'incertitude à l'égard de la vaccination parmi eux. C'était par exemple le cas pour certains de ses patients contaminés par le VIH, révèle-t-il. Ce chef du service d'immunologie de l'hôpital cristolien Henri-Mondor ajoute :

Avec les confinements et l'activité hospitalière accrue, il a fallu du temps pour les revoir tous et aborder la question vaccinale avec eux avant qu'ils franchissent le pas. […].

En général, un défaut d'assistance des populations vulnérables doit être urgemment comblé, explique le vaccinologue qui souligne :

[…] Ceci est encore plus vrai pour les personnes obèses, difficilement repérables par l'Assurance maladie si elles n'ont pas de complications liées à leur condition. […].

Une situation qui pourrait se répercuter négativement sur les mutuelles santé du public concerné.

Vacciner tous les Français

Dans ce cadre, Jean-Daniel Lelièvre affirme que l'obligation vaccinale ne peut pas résoudre tous les problèmes. Pour lui, l'Exécutif doit fournir d'énormes efforts pour sensibiliser ces groupes d'individus.

Pour information, Emmanuel Macron a imposé la vaccination obligatoire pour tous les bénévoles ou professionnels au contact des publics à risques. Applicable dès la rentrée, la mesure a été annoncée par le président de la République avec l'extension du pass sanitaire. Des facteurs qui ont entraîné une certaine accélération de la campagne en France. Ainsi, au 13 juillet dernier, les autorités totalisent 800 000 doses inoculées.


Face à la forte avancée du variant indien (Delta) du coronavirus, le chef d'État déclare :

Nous devons viser la vaccination de tous les Français.

Cependant, si la grande partie des pensionnaires des Ehpad sont actuellement immunisés, il reste beaucoup d'actions à entreprendre pour d'autres populations fragiles.

À part les individus atteints de pathologies graves et/ou de longue durée, cela concerne notamment les patients psychiatriques. Pour information, seuls 31,5 % des Français souffrant d'un trouble mental depuis l'enfance ont été complètement vaccinés au 27 juin dernier.