Alors que le monde se trouve toujours en pleine effervescence à cause du Coronavirus, notamment en Europe où bon nombre de pays ont récemment entamé leur déconfinement, une autre maladie semble pointer le bout de son nez, touchant principalement des enfants de tout âge. Une situation que le gouvernement français déclare prendre très au sérieux.

135, c'est le nombre d'enfants ayant contracté, aux dernières nouvelles, un syndrome inflammatoire proche de celui de la maladie de Kawasaki en France, depuis sa première apparition en début mars. Un phénomène, loin d'être isolé, à en croire les statistiques relevées dans d'autres pays européens, mais dont les dépenses en matière de soins pourraient bien être amoindries grâce une mutuelle familiale.

Certes, des doutes subsistent encore quant à la corrélation entre le nouveau Coronavirus et ces symptômes s'apparentant à des complications cardiaques. D'autant plus que le taux de contamination du Covid-19 chez les enfants est jusqu'ici faible. Mais, il convient d'admettre que plusieurs concernés ont été testés positifs. Ce qui suscite des questionnements, surtout depuis qu'un premier décès a été tout récemment annoncé.

Un lien qui pourrait bien s'avérer

Il y a encore quelques semaines, l'on n'a pas encore pu établir un lien entre le Covid-19 et un syndrome proche de la maladie de Kawasaki. Il s'agit d'une pathologie inflammatoire grave se présentant sous forme de fièvre, de troubles digestifs, de la diarrhée, d'une grosse fatigue, d'éruptions et de gonflements aux extrémités ainsi que d'une inflammation vasculaire pouvant même entraîner une défaillance cardiaque.


Touchant de plus en plus d'enfants dans l'Hexagone (une quinzaine au 29 avril dans la capitale à plus d'une centaine, sur tout le territoire, au mi-mai dernier), la maladie, dont l'origine reste indéterminée, ne semble pas non plus épargner ses voisins européens. Des cas ont été, en effet, rapportés en Espagne, en Italie et en Suisse. Raison pour laquelle les autorités sanitaires britanniques ont tiré, ces derniers jours, la sonnette d'alarme.

Le décès de la première victime, un enfant de 9 ans, des suites d'une neuropathie liée à un arrêt cardiaque, a pour ainsi dire levé les doutes. Le fait est que, selon les explications du Pr Fabrice Michel, chef du service de réanimation pédiatrique de La Timone, à Marseille, où il a été admis, le préado avait contracté le Coronavirus, sans pour autant avoir développé des symptômes. Au professeur de souligner :

Il s'agit du premier cas en France et le deuxième à notre connaissance.

Le phénomène, au cœur des préoccupations du ministère de la Santé

L'heure est actuellement à la prudence. En effet, bon nombre des enfants, victimes de cette forme proche de la pathologie de Kawasaki se sont révélés porteurs de Coronavirus. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, n'a d'ailleurs pas caché la gravité de la situation, en précisant que :

Je prends ça très très au sérieux. Nous n'avons absolument pas d'explication médicale à ce stade. Est-ce qu'il s'agit d'une réaction inflammatoire qui vient déclencher une maladie préexistante chez des enfants atteints par ce virus ou une autre maladie infectieuse?? Il y a beaucoup de questions.

Parallèlement, des médecins américains semblent être mieux fixés par rapport aux manifestations, étant également confrontés à cette même problématique. D'après eux, le syndrome se manifeste au bout de quatre à six semaines après la contagion. Ce qui veut dire après que des anticorps se sont formés chez le patient.

Des estimations qui n'empêchent toutefois pas les observateurs de se confronter chaque fois à de nouvelles surprises. À Olivier Véran de faire valoir :

Je mobilise la communauté soignante et scientifique en France et à l'international pour avoir le maximum de données possibles pour voir s'il y a lieu de faire un lien entre le coronavirus et cette forme qui jusqu'ici n'avait été observée nulle part.