Pour Addactis, la réforme de la protection sociale des fonctionnaires renferme encore beaucoup d’inconnues concernant certaines de ses retombées. Ces dernières touchent à la rivalité entre nouveaux arrivants dans le domaine et les acteurs de longue date. Cette concurrence pousse certains à refuser une éventuelle union entre la couverture santé et la prévoyance.

Selon la DG du cabinet d'actuaires Addactis, Céline Blattner, l'assurance prévoyance s'avère compliquée dans la Fonction publique. Elle explique que le risque arrêts de travail pèse lourdement. De plus, son dédommagement s'opère suivant des règles distinctes de celles du secteur privé. De ce fait, le pilotage et la modélisation du risque deviennent plus difficiles. Avec des rapports Santé/Prévoyance montant à 300 %, l'altération des équilibres techniques peut se révéler largement plus accrue.

En conséquence, il apparaît sensé d'associer la couverture santé et la prévoyance. En cas de combinaison, des acteurs feront preuve d'hésitation, pense Céline Blattner. D'après elle, une telle mesure avantagerait les acteurs de longue date.


Crainte d'un balayage des plus petits organismes

La dirigeante d'Addactis souligne la nécessité de fournir cette couverture à tous les fonctionnaires. Elle déclare que la réforme en cours de préparation de la protection sociale des fonctionnaires :

[…] Prévoit une prise en charge de la cotisation par l'employeur à hauteur de 20 % uniquement dans les collectivités territoriales. On ne perçoit pas bien ce qui pourrait justifier que les fonctionnaires d'État et hospitaliers soient moins bien couverts.

Soutenue par la ministre chargée de la Fonction publique, cette réforme suscite l'inquiétude chez les organismes mutualistes du secteur. La plus petite mutuelle santé ou prévoyance craigne formellement de disparaître à cause de celle-ci. D'ailleurs, elle trouble même la grande Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN). En juillet, Roland Berthilier, son ex-président regrettait alors :

Les retraités ne sont pas pris en compte dans les contours de cette réforme. […]

La conservation des solidarités érigées durant de longues années deviendra laborieuse, continue-t-il.

La plupart des acteurs est dépourvue de véritable stratégie

Cécile Paradis ajoute qu'aucune stratégie n'a été véritablement adoptée au sein de la plupart des acteurs. L'associée chez Addactis constate un degré élevé d'attentisme. D'après elle, les choix de se positionner ou non seront effectués en considération des modalités qui seront fixées. Ceci en ayant connaissance que dans la Fonction publique d'État, la réforme apparaît plus marquée comparée aux autres versants où :

Les échéances apparaissent plus lointaines.

Des décisions prises dans les contours de la réforme auront en effet, selon Céline Blattner :

  •  D'importantes répercussions ;
  •  Des retombées techniques.

C'est sans aucun doute le cas si l'administration préfère les contrats collectifs obligatoires aux formules labellisées. Un choix qui se fait déjà dans le secteur privé. Cependant, pour la prévoyance, le traitement peut se montrer tout aussi décisif.

Dans le cadre de ladite réforme, un intérêt suscité par le projet de généralisation d'une assurance santé. Cette couverture serait supportée à moitié par les employeurs dans les versants relatifs aux hôpitaux, aux collectivités et à l'État. D'après Cécile Paradis, plusieurs acteurs témoignent d'intérêt envers ce marché.