Pour l’heure, la dangerosité des particules fines est évaluée grâce à leur taille et à leur concentration dans l’air. Une étude européenne suggère d’agrandir cette liste. Des chercheurs de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), du CNRS (Centre national de la recherche scientifique et de l’université Grenoble Alpes y ont pris part.

En raison de leurs propriétés oxydantes, certaines particules fines provoquent des maladies respiratoires et des affections cardiovasculaires. Outre des arrêts de travail répétés, ces dernières impliquent des traitements coûteux. Pour soutenir financièrement ceux qui en souffrent, l'Assurance Maladie rembourse intégralement les dépenses de santé occasionnées par nombre de pathologies cardiovasculaires. Les frais restant habituellement à la charge du malade ou de sa mutuelle santé sont ainsi inexistants.

Le caractère oxydant des particules fines a été étudié par plusieurs chercheurs. Ces derniers ont évalué le niveau de dangerosité de diverses particules fines à partir de leur potentiel oxydant. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Nature le 19 novembre dernier.


Intérêt d'inclure le potentiel oxydant parmi les indicateurs de dangerosité des particules fines

Il est de notoriété publique qu'une importante concentration de particules fines est néfaste pour la santé. Santé publique France avait indiqué en juin 2016 qu'il était possible d'attribuer à la pollution de l'air 9,6 % de la mortalité globale dans l'Hexagone.

Le potentiel oxydant des particules fines est un indicateur qui vise à compléter la palette de critères permettant de déterminer leur dangerosité. C'est ce qu'explique Gaëlle Uzu, chercheuse à l'IGE (Institut des géosciences de l'environnement) de Grenoble. Elle note :

On arrive déjà à avoir beaucoup de données grâce aux concentrations, on peut être encore plus efficaces si on s'attaque aux sources oxydantes.

Grâce à ce nouvel indicateur, il sera possible de mieux cibler la prévention durant les pics de pollution. Le potentiel oxydant permettra également d'axer en priorité les politiques publiques sur les sources de particules fines les plus nocives.

Gaëlle Uzu souligne qu'il faut effectuer des recherches durant encore 10 ans au minimum avant que cet indicateur ne puisse être soumis à la réglementation. Durant cette période, les chercheurs devront cerner les pathologies causées par la pollution de l'air tout en identifiant les facteurs susceptibles d'agir en parallèle à l'instar du tabagisme.


Les principales sources de particules fines dangereuses

L'étude révèle que les particules les plus dangereuses sont celles qui résultent de l'usure des pneus et des freins de voitures. Gaëlle Uzu explique que les plaquettes de frein sont notamment à l'origine de particules plutôt grossières qui renferment du cuivre. Leur potentiel oxydant est important, précise la chercheuse.

La combustion de biomasse, dont le bois, constitue une autre source préoccupante de particules fines. Si leur potentiel oxydant est moins important que celui du trafic routier, leur concentration est largement supérieure. Selon Gaëlle Uzu, les mesures atmosphériques effectuées durant le dernier pic de pollution à Lyon ont montré que 50 % des particules étaient issues de la combustion de biomasse, contre 15 % provenant des voitures.

Les chercheurs estiment que ces concentrations de particules fines se retrouvent essentiellement dans les zones urbaines. En effet, la circulation routière et le nombre d'habitants y augmentent. Pour leur part, les territoires ruraux sont plus ou moins épargnés.

La situation empire avec l'hiver, les ménages mettant en route leur chauffage. Le 27 novembre dernier, la vallée de l'Arve a été placée en alerte rouge à la pollution atmosphérique. Au cours des 5 dernières années, les émissions globales de particules fines dans cette vallée ont néanmoins baissé de 8 %. Ce phénomène est imputable au remplacement d'un grand nombre de poêles à bois par des appareils qui filtrent mieux.