Alors que bon nombre de pays européens, dont la France, se retrouvent submergés par la vague pandémique du Coronavirus, l’Allemagne semble mieux s’en sortir. Il va de soi que tous les regards se tournent vers cette nation pour comprendre les clés de sa résistance. Et il s’avère que cette dernière proviendrait principalement de la performance de son système de santé.

Une meilleure anticipation, c’est ce qui a largement aidé la République fédérale allemande à faire face à l’épidémie du Covid-19. Les données sur le financement de la santé communiquées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) confirment ces faits.

De fait, en plus d’avoir été prête à affronter l’inéluctable crise sanitaire, se caractérisant notamment par des établissements hospitaliers amplement équipés, il convient d’admettre que les principes organisationnels du pays en matière de système de santé lui sont d’un grand atout.

Ce qui expliquerait, sans doute, son bilan bien moins désastreux, à quelque 2 799 décès dus au Coronavirus alors que celui de ses voisins européens dépasse la barre des 10 000.

Le système de santé allemand est plus renforcé

Le social et l’économie d’un pays sont étroitement liés. Plus précisément, du renforcement du développement économique dépend le financement de la protection sociale, dans laquelle est incluse la santé publique. Et c’est d’ailleurs ce que les données de l’OCDE, basées sur les DCSi (dépenses courantes de santé au sens international) veulent prouver.


Ces analyses permettent, en effet, de comparer bon nombre de pays. C’est ainsi que la similarité des dépenses de santé en Allemagne et en France a été relevée, à 11,2% du PIB en 2018, selon son étude sur le Panorama de la santé en 2019. À savoir, une étude antérieure a permis d’établir que le pourcentage en PIB de la dépense publique allemande s’élève à 44,6% tandis qu’il est à 56% dans l’Hexagone.

Pour autant, les Français doivent débourser davantage de leur poche pour mieux assurer leur santé du fait des mutuelles. Certes, les salariés sont à 50% couverts par leur employé, mais cela implique évidemment une charge supplémentaire de 50% tant pour les concernés que pour les entreprises.

L’enquête « La place de l’assurance maladie dans six pays européens » menée par la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (DREES) en 2017 détaille plus amplement ce décalage :

  • Les dépenses d’administrations publiques financent à 82,9% celles de la santé en Allemagne tandis que les chiffres s’estiment à 78% pour la France ;
  • 83% des dépenses de santé sont incluses dans 44,6% de PIB des dépenses publiques allemandes si 78% des charges afférentes à la santé sont compris dans 56% des charges publiques françaises.

Tout cela pourrait expliquer le fait que la Mannschaft était fin prête pour affronter l’épidémie de Coronavirus, tant au niveau des organisations qu’en termes de moyens. Il faut dire que ses hôpitaux sont pour le moins équipés, à raison de huit lits pour mille habitants et 6,02 autres lits (toujours pour mille habitants) en soins intensifs (chiffres en 2017).

Similaires, mais pas identiques

Les systèmes de santé allemand et français présentent des similitudes, notamment au niveau de leur caractère. Tous les deux sont, en effet, bismarckiens (fonctionnent grâce à des cotisations d’assurance). Il existe, toutefois, quelques différences sur le côté caractéristique.


Celui de l’Allemagne affiche, par exemple, une plus grande souplesse. Ne serait-ce que de considérer la liberté des assurés lorsqu’il s’agit de choisir la caisse privée d’assurance maladie qui lui convient pour sa couverture santé obligatoire. À préciser, les travailleurs indépendants, tout comme les salariés, y ont droit une fois leurs revenus arrivés à un certain seuil.

Ce qui renforce la concurrence entre ses organismes publics, qui sont d’ailleurs plus autonomes du fait que le ministère concerné se limite à son rôle de régulateur et régisseur de la politique de santé publique. La prise de décision étant confiée à des organismes paritaires, tels que le comité fédéral paritaire, ainsi qu’aux régions.

De son côté, la France dispose d’un système beaucoup plus administré. Ce qui revient à plus de centralisation de l’administration médicale. Le rôle des acteurs peut alors sembler flou étant donné leur multiplicité. Ils sont, en effet, subdivisés en plusieurs catégories, notamment :

  • Les directions du ministère de la Santé (DREES, DGOS, DSS) ;
  • Les agences (HAS, ANSM, ANAP, ATIH) ;
  • La Cnam, dont l’attribution dépend du lieu de résidence, voire du secteur d’activité.