Mise à l’écart pendant 30 ans par l’industrie pharmaceutique, la question du traitement de la maladie de Lyme figure désormais à l’ordre du jour. D’ailleurs, le Parlement européen a consenti au déploiement des ressources visant à lutter contre cette affection, et ce, depuis le 15 novembre 2018. Mais pour certains acteurs, le caractère chronique de la pathologie reste discutable.

La maladie de Lyme étant particulièrement complexe dans sa manifestation, les professionnels de santé peinent à établir un diagnostic précis. La plupart du temps, la bactérie Borrelia est rattachée à d’autres infections. Ainsi, les médecins tendent à avancer qu’il s’agit davantage de troubles psychiques, ce qui ne permet pas forcément aux malades d’accéder aux soins.

Même si certains en bénéficient, les traitements se révèlent inefficaces alors même que les effets de la maladie peuvent s’avérer réellement handicapants. Quelles sont les solutions mises en place par la communauté médicale pour résoudre ces problématiques ?

Un traitement antibiotique plus long en guise de test et une accélération des recherches

Jusque-là, aucune étude randomisée n’a été effectuée pour étudier l’éventuel impact d’un traitement antibiotique qui dure au moins quatre mois, s’agissant de la maladie de Lyme chronique. De nombreuses sources indiquent que les symptômes de la pathologie persistent avec un traitement de courte durée, ce qui a été le cas de 16 à 62 % des patients observés.


Il a été alors décidé que lorsque les médecins suspectent une symptomatologie/syndrome persistant polymorphe après une possible piqûre de tique (SPPT), ils prescrivent un mois de traitement antibiotique. À base de doxycycline, il sert de test diagnostique. Ainsi, si le traitement fonctionne, l’origine bactérienne de la pathologie sera attestée.

Désormais, les soins médicaux fournis aux patients doivent être déterminés avec l’appui d’un centre hospitalier spécialisé dans le traitement de la maladie. Une liste doit être établie cette année par le ministère de la Santé.

Concernant les recherches pluridisciplinaires en la matière, elles se baseront sur les résultats des tests enregistrés. Dans tous le cas, l’OMS veut qu’elles se fassent suivant l’approche « One Health », selon laquelle les personnes et les animaux vivent dans le même environnement. Les informations précitées sont puisées d’une conférence réalisée à l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST) dans le cadre de son cycle national de formation 2018-2019.

Rechercher d’autres facteurs lors du diagnostic et adapter les traitements aux symptômes

Qu’en est-il de la prévention de la maladie de Lyme et de l’accès aux traitements ? Des économies pourront-elles être réalisées en consultant tout comparateur mutuelle ? En tout cas, les malades ne se savent pas forcément contaminés et les effets peuvent se ressentir des années après la piqûre.


À l’exception des cas permettant de détecter la maladie de Lyme grâce à l’apparition de l’érythème migrant, les critères cliniques ne peuvent être clairement définis. D’ailleurs, la sérologie peut demeurer négative, y compris pour les co-infections. Ceci dit, les tests en question peuvent manquer de sensibilité, ce que confirme une méta-analyse réalisée par l’Imperial College (Londres) datant de 2016. Mais ce n’est pas tout. Alors que les espèces de Borrelia pouvant se transmettre à l’homme se comptent par dizaines, ces tests n’en retiennent que trois.

Il ressort alors quelques recommandations de bonnes pratiques de la part de la HAS (Haute autorité de santé). Le rapport y afférent a été publié en août 2018. Le groupe de travail mandaté par l’instance opine que les soins dispensés doivent être adaptés à chaque patient, selon les symptômes apparents. Il avance également qu’un bilan étiologique doit être établi.

Le diagnostic revêt principalement un caractère clinique. Le malade peut ressentir des douleurs articulaires en plus de la fatigue. Des troubles neurocognitifs, dont la perte de mémoire, sont aussi susceptibles de se manifester. Par ailleurs, certains organes comme la peau ou le cœur peuvent être touchés, comme le confirme une méta-analyse parue en 2005.

En parallèle, le professionnel doit vérifier si d’autres maladies apparaissent, sachant que le SPPT peut aussi être provoqué par d’autres facteurs environnementaux, métaboliques ou génétiques.