L’obésité est un problème de santé publique répandu à l’échelle mondiale. De fait, tous les pays en sont concernés, et ce, quel que soit leur niveau de revenu. La France ne fait pas exception, affichant même une surcharge pondérale pour près de la moitié de la population. Et il s’avère que ce fléau n’impacte pas que sur l’espérance de vie des concernés.

L’OCDE est aujourd’hui sur le pied de guerre, s’engageant dans une lutte acharnée contre l’obésité. La maladie, bien que non infectieuse, ayant atteint les proportions d'une épidémie mondiale et causant le décès de plusieurs millions de personnes tous les ans du fait des complications qui l’accompagnent.

Les Français, plus particulièrement, risqueraient de perdre 2,3 ans d’espérance de vie d’ici trois décennies. Sans oublier que ce problème a aussi des impacts négatifs au niveau de l’économie nationale en raison de la baisse inévitable de productivité chez les personnes obèses.

Des mesures sont, de ce fait, envisagées afin d’endiguer l’expansion actuellement continue de la proportion d’individus présentant une surcharge pondérale.


Un fléau incontrôlable

Le 15 au 18 octobre dernier a eu lieu la réunion internationale des experts en nutrition dans la capitale irlandaise. De cette séance devraient voir le jour nombre de stratégies permettant d’optimiser la lutte contre l’expansion de l’obésité. Le fait est que le phénomène est de plus en plus répandu aujourd’hui, touchant presque tous les pays du monde.

Pour ce qui est des 36 États membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), la surcharge pondérale contribue au recul de 2,7 ans de l’espérance de vie de leurs citoyens, d’ici trente ans. Ainsi, à en croire les estimations de l’organisation, plus de 90 millions des résidents risqueraient de trépasser d’ici à 2050 du fait des maladies liées à l’obésité.

Dans son rapport apparu le 17 octobre 2019, l’OCDE a d’ailleurs révélé que presque la totalité des pays membres (34 sur 36) dénombre, à date, plus de 50% de leur population en surpoids et 25% souffrant d’obésité. Et le problème n’est pas près de s’améliorer puisque le nombre de personnes concernées affiche une tendance exponentielle. Au communiqué de préciser :

« La proportion d’adultes présentant une surcharge pondérale sévère dans les pays de l’OCDE est passée de 21%, en 2010, à 24% en 2016, soit 50 millions d’obèses supplémentaires ».

La France n’en est pas épargnée, avec sa part d’obèses en nette croissance, passant de 11,5% à 21,6% entre 2008 et 2016. Pis encore, le problème ne concerne plus que les adultes, car le pourcentage d’adolescents dépassant leur poids santé a également augmenté, à raison de 18,2% pour ceux en surpoids en 2017 (contre 17% en 2009) et 5,2% pour ceux en situation d’obésité (contre 3,8% huit années auparavant).


Des mesures à renforcer qui profiteront également à l’économie

Face à la situation, les mesures mises en place vont être renforcées afin d’améliorer la santé de la population et optimiser à nouveau l’espérance de vie. Certes, les traitements sont déjà pris en charge totalement ou en partie par la Sécurité sociale, ou du moins par les pourvoyeurs de complémentaire santé, mais pour Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE :

« Il n’y a plus d’excuse à l’inaction […] accroître de toute urgence les investissements dédiés aux mesures de lutte contre l’obésité et de promotion de modes de vie sains ».

Ainsi, devront se trouver dans le viseur des organismes de santé, afin d’amenuiser les nombreuses incidences d’affections chroniques :

  • Les aliments trop riches, tels que les confiseries et les chips dont la teneur en calories doit être réduite de 20% ; 
  • Les annonces publicitaires incitant les enfants à consommer des nourritures nocives pour leur organisme qui doivent faire l’objet d’un meilleur encadrement.

Pour y parvenir, une mobilisation de fonds est de mise tant pour la prévention que pour les thérapies. Pour sa part, la France a dédié à ces derniers 4,9% de son budget de santé. Ce qui est, selon Angel Gurría, socialement et économiquement justifié.

De fait, outre le fait de réduire l’espérance de vie des Français de 2,3 ans d’ici trois décennies, l’obésité et ses conséquences médicales impactent lourdement sur l’économie du pays, rognant même 2,7% du PIB. Si l’on ne cite que :

  • Les risques de ne pas arriver à bout de son cursus universitaire pour les jeunes en raison d’éventuels harcèlements scolaires ; 
  • L’augmentation du taux de chômage pour les adultes ; 
  • La fréquence élevée d’absences en milieu professionnel ; 
  • La baisse de productivité allant jusqu’à 3,4% chez les salariés.

À l’OCDE de conclure :

« Chaque dollar investi dans la prévention de l’obésité amènerait jusqu’à six dollars de retombées économiques ».