La Drees vient de publier une analyse démographique sur quelques professions de santé. Parmi les points à retenir, la population de sages-femmes et de chirurgiens-dentistes devrait continuer à augmenter pour les années à venir. En revanche, il a été constaté que celle des médecins et des pharmaciens a tendance à diminuer.

Chargée de déterminer le nombre limite d'étudiants en santé jusqu'en 2026, la Conférence nationale sur la filière s'est réunie le 26 mars dernier. En parallèle, le service statistique des ministères sociaux a divulgué ses projections démographiques sur les professions médicales et pharmaceutiques.

Établies sur trois ans, celles-ci laissent déjà entrevoir quelques impacts plus lointains sur différents domaines tels que la mutuelle santé. Ainsi, prendre un rendez-vous avec un médecin s'annoncera de plus en plus difficile au cours de la prochaine décennie. L'analyse de la Drees montre qu'à l'horizon 2030, l'effectif des médecins de moins de 70 ans en activité devrait stagner.


Une reprise seulement à partir de 2030

Les prévisions tablent sur une baisse de la densité médiale au cours des dix prochaines années. Une projection basée sur la mise en rapport du nombre de praticiens aux besoins de la population à la fois vieillissante et croissante. D'après la Drees, la densité :

Retrouverait son niveau actuel seulement au milieu des années 2030.

Par la suite, elle entrerait dans une phase ascendante pour s'établir en 2050 à un niveau supérieur de 23 % à celui affiché présentement. Une hausse qui devrait enregistrer un rythme de 1,5 % par an en moyenne et qui garantirait à nouveau un déroulement optimal des soins. Ce qui entraînerait un fonctionnement normal des remboursements par les mutuelles santé, l'assurance maladie…

Afin d'éviter la chute du nombre de professionnels, la Drees avance quelques solutions. L'organisme recommande notamment la variation de la population estudiantine. Accroitre l'effectif de 20 % à partir de la rentrée 2021 procurerait une stabilité, avec trois ans d'avance.

Existence de quelques exceptions

À l'inverse, on observe une croissance du côté des sages-femmes et des chirurgiens-dentistes. Cette dernière profession attirant de plus en plus les jeunes et les femmes, elle devrait connaître d'ici 2050 une progression de 46 %. Si l'on se réfère aux besoins de la population, cette valeur descend à 39 %. À noter que ces chiffres sont fortement dépendants des étudiants diplômés hors de l'Hexagone. Sans leur arrivée, l'augmentation peinerait à passer les 5 %.


Quant aux pharmaciens, leur effectif devrait suivre la même tendance affichée par les médecins. À ce titre, une perturbation des prises en charge par la mutuelle santé est prévue d'ici 2027. Comparée au niveau actuel, la densité de la profession devrait en effet enregistrer une baisse d'environ 2 % pour les six prochaines années. Puis, elle devrait s'agrandir à nouveau pour être supérieure de 12 % à l'horizon 2050. Rapportée aux besoins de la population, elle aura à cette date la même valeur qu'aujourd'hui.