Le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a encore du pain sur la planche. En effet, les travaux sur l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire et complémentaire se heurtent à des obstacles. Les propositions du Haut conseil continuent d’essuyer de vives critiques et de susciter des inquiétudes. Et les détracteurs à ce projet sont toujours plus nombreux.

La réforme ne s'attaque pas au vrai fond du problème

Les professionnels du secteur sont nombreux à critiquer le projet d'une « Grande Sécu », celui que l'exécutif tente de faire passer. Le dernier détracteur de la réforme à s'être manifesté est l'Agéa, la fédération nationale des syndicats d'agents généraux.

Selon cette dernière, ce projet est loin de répondre aux problèmes actuels, dont les principaux sont les déserts médicaux et les difficultés d'accès aux soins pour une partie importante de la population française.

La fédération appuie ses dires par des chiffres, rappelant que l'absence de proximité des centres médicaux amène 80 % de la population des zones rurales à renoncer aux soins. Le fait que l'Assurance Maladie prenne en charge tous les frais n'y changerait pas grand-chose.


Le rôle des assureurs complémentaires santé minimisé

Selon les estimations de la fédération, en prenant en charge la part qui aurait dû revenir aux assureurs complémentaires santé, l'Assurance Maladie les priverait de 70 % de leurs recettes.

La fédération estime à 27 milliards d'euros le manque à gagner pour l'ensemble de la profession.

Avec un déficit de cette envergure, peu d'organismes pourront se relever et, par voie de conséquence, une grande crise sociale pourrait découler de cette situation alarmiste (gonflement des chiffres du chômage).

Toujours selon la fédération, la « Grande Sécu » ne supprimera pas totalement le reste à charge. Et pour y faire face, les particuliers vont se risquer à demander un devis mutuelle à des assureurs pratiquant des tarifs élevés. Il est alors fort probable que nombreux seront ceux qui vont y renoncer.

Dernier point soulevé par l'Agéa, l'entière prise en charge par l'Assurance Maladie amène à s'interroger sur la qualité de l'accompagnement. Une telle réforme entraînerait un régime inégalitaire où les plus riches pourront faire appel aux assureurs privés certes onéreux, mais proposant un accompagnement de qualité.