Le projet de loi ASAP (Accélération et Simplification de l’Action publique) visant à assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments rencontre une vive opposition de la part de la profession pharmaceutique. En effet, l’Ordre des Pharmaciens, l’Académie nationale de la pharmacie et l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France se sont déclarés défavorables à cette mesure et demandent son retrait.

Assouplissement de la vente en ligne des médicaments sans ordonnance

Les pharmaciens dénoncent les dispositions prévues dans ce projet de loi, comme la possibilité offerte à plusieurs officines de mutualiser leurs sites internet et de se servir d'une seule plateforme de vente en ligne.

À ceci s'ajoutent l'autorisation d'entreposer le stock des médicaments destinés à la vente en ligne dans un local distant de l'officine de pharmacie et la suppression du lien logique entre le chiffre d'affaires et le nombre de pharmaciens diplômés présents dans l'officine.

Pour eux, cette mesure pourrait laisser le champ libre aux plateformes web telles qu'Amazon pour s'attaquer à ce marché et aboutirait à l'« ubérisation de la pharmacie ».

Possible hausse du recours à l'automédication

Autre menace évoquée par ces professionnels : l'accentuation de la tendance à l'automédication. Le risque est élevé étant donné que les médicaments sans ordonnance sont remboursés par certaines complémentaires santé.


D'autre part, ce cas de figure détruirait le lien de proximité entre les professionnels de santé et les patients.

En achetant leurs médicaments sur internet, ceux-ci seront privés des conseils avisés d'un pharmacien

Martèle Philippes Vergnes, un des responsables de leurs syndicats.

Une condition nécessaire au développement de l'e-commerce, selon l'Exécutif

Devant la contestation de la profession pharmaceutique, l'Exécutif avance comme argument la nécessité de développer l'e-commerce dans les zones urbaines, et de faciliter l'accès aux médicaments des personnes se trouvant dans des régions isolées.

Même si une rencontre entre le président de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France), Philippe Besset, et le cabinet du ministre de la Santé, Agnès Buzyn a eu lieu le 17 février dernier, pour l'instant, tous les représentants de la profession clament leur opposition à ce projet de loi et demandent le retrait du texte.