L’administration d’une dose supplémentaire pour l’ensemble de la population a été mise en avant dernièrement en France. Le pays fait en effet face à une reprise de l’épidémie du Covid-19. Pour l’heure, la deuxième dose de rappel est réservée aux personnes les plus fragiles. L’évolution de la situation sanitaire déterminera la stratégie à adopter dans les mois à venir.

La campagne pour la quatrième injection du vaccin contre le Covid-19 a été lancée en janvier 2022 en France. Elle a été ouverte aux personnes considérées comme à risque : les immunodéprimées puis celles âgées de plus de 80 ans. En avril 2022, les personnes ayant 60 ans et plus ont également intégré la liste des cibles. Interrogés sur le sujet en janvier 2022, les dirigeants de Moderna et Pfizer ont évoqué l'utilité éventuelle d'un rappel. Les avis sont toutefois partagés chez les autorités gouvernementales et les professionnels de santé. Quel est donc l'intérêt de proposer cette quatrième dose à l'ensemble de la population ?


Une efficacité à 90 % contre les formes sévères

Certains professionnels redoutent une recrudescence de l'épidémie d'ici l'automne. Ils suggèrent ainsi d'ouvrir la quatrième dose à l'ensemble des Français. Concrètement, il s'agit de la quatrième injection en suivant le nombre de vaccins administrés jusqu'à maintenant. Elle représente cependant la deuxième dose de rappel proposée dans l'Hexagone.

Les données obtenues des campagnes menées en Israël montrent qu'elle peut offrir une réelle protection. Elle préserve des formes sévères de la maladie. Intervenant sur une chaîne télévisée française, le Professeur Arnaud Fontanet souligne que le risque d'être hospitalisé est quatre fois moins élevé. Notamment concernant les personnes de 60 ans et plus.

Le ministère de la Santé a soutenu qu'elle protège à 80 % contre l'hospitalisation, l'admission en urgence et le décès. Le vaccin Moderna est de 90 à 95 % efficace contre les hospitalisations sur les neuf semaines qui suivent l'injection. Celui de Pfizer-BioNTech réduit le risque d'hospitalisation de 90 %. Il diminue le risque de 85 % cinq à neuf semaines après le vaccin, et 75 % entre dix et quatorze semaines. Le Professeur Arnaud Fontanet soutient que la quatrième dose ne provoque pas plus d'effets indésirables que les précédentes. Aucune baisse n'a également été constatée au niveau de la réponse immunitaire.

L'injection se fait actuellement à l'aide des vaccins Spikevax de Moderna et Comirnaty de Pfizer. Le patient aura une demi-dose du premier ou une dose complète du second. L'un comme l'autre est proposé sans frais à payer. Il est aussi possible de souscrire à une mutuelle familiale pour bénéficier d'un remboursement des traitements en cas d'infection.

Uniquement pour les personnes les plus fragiles pour l'instant

Les personnes qui souhaitent bénéficier de la quatrième injection peuvent la réaliser :

  • À domicile, avec l'aide d'un professionnel de santé ;
  • Dans une officine ;
  • Dans un cabinet médical ;
  • Dans un centre de vaccination.

Elles peuvent prendre un rendez-vous depuis la plateforme Doctolib. À ce jour, cette dose supplémentaire est proposée à trois catégories de personnes :

  • Les personnes immunodéprimées, en l'administrant un mois après la troisième injection ;
  • Celles qui ont plus de 80 ans, en l'effectuant 3 mois après le dernier rappel ;
  • Celles qui ont 60 ans et plus, à injecter 6 mois ou plus après la première dose de rappel ou la dernière infection.

L'entourage des individus cibles est aussi encouragé à l'effectuer. Les professionnels de santé la recommandent également aux personnes infectées par le Covid-19 après s'être vaccinées. Elle est utile uniquement si la contamination a eu lieu moins de 3 mois après la première dose de rappel. Il faut dans ce cas respecter un délai d'au moins 6 mois avant de procéder à une injection supplémentaire.

Les autorités indiquent que la deuxième dose de rappel reste peu sollicitée pour l'heure. Chez les plus de 80 ans, le taux de couverture vaccinale est de 22 % alors que la campagne a commencé en mars 2022. La proportion des personnes vaccinées est de 9,8 % pour les 60 à 79 ans. À noter toutefois que cette dose de rappel n'est aucunement obligatoire.