Le député Cyrille Isaac-Sibille a récemment soumis un rapport soulignant le manque de praticité et les problèmes de lisibilité du DMP (dossier médical partagé). Le concept de base était pourtant prometteur. Toutefois, sa réalisation est discutable, selon le parlementaire. Ce système requiert ainsi une réorganisation complète pour être réellement utile avant sa généralisation à l’horizon 2022.

La généralisation du DMP est attendue avec impatience par les médecins et les acteurs du secteur de l'assurance santé. En effet, le carnet de santé numérique permettra à terme d'éviter les actes et les dépenses inutiles dans le milieu médical. En effet, les données de santé des patients seront centralisées et accessibles à tous les soignants.

Le DMP est également intéressant dans la détection de maladies émergentes, d'équipements médicaux défaillants, de problèmes liés à des médicaments… Les performances du dispositif présupposent un système pratique et pleinement opérationnel. Or, pour l'instant, il s'agit plutôt d'un « coffre-fort fourre-tout » selon le député Cyrille Isaac-Sibille.


Un dispositif encore méconnu

Les Français ont la possibilité de créer leur propre carnet de santé numérique depuis 2018. Le dossier en question renferme au moins les historiques des soins remboursés. En effet, ces données sont envoyées automatiquement à l'Assurance Maladie. Le DMP remplit parfaitement sa mission sur ce point, selon le rapport parlementaire sur le sujet.

En revanche, il faudrait améliorer l'accessibilité et l'organisation des informations intégrées au système. Le rapporteur évoque notamment certaines lacunes inconcevables sur un tel outil. Par exemple, l'utilisateur ne peut pas effectuer de recherche par mot-clef ou en plein texte dans le dossier. Il s'agit pourtant d'une fonctionnalité élémentaire dans l'univers du numérique.

Par ailleurs, le parlementaire suggère la mise en place d'une campagne d'information pour montrer au grand public l'utilité du carnet de santé numérique. Selon l'élu, la finalité du DMP n'a jamais été expliquée à la population. En raison de leur méconnaissance du dispositif, les patients ont eu tendance à s'en méfier.

Un succès mitigé

D'après le rapport parlementaire, les nombreux défauts du DMP proviennent principalement de l'énorme décalage entre ses concepteurs et ses utilisateurs. Comme l'a souligné le député Cyrille Isaac-Sibille :

Le DMP, c'était une vraie bonne idée, mais l'erreur est qu'il a été conçu par des informaticiens, et on a oublié les citoyens, les patients et les personnels de santé.

La situation a sensiblement progressé depuis 2016. Toutefois, le perfectionnement du système requiert désormais une utilisation massive au quotidien, au niveau des patients et des professionnels de santé. Actuellement, le projet stagne sur ce point. Le manque d'intérêt pour ce dispositif s'explique notamment par sa complexité et ses défauts d'organisation, selon l'élu.

Pour l'heure, la France compte en tout quelque 9,3 millions de DMP. Il s'agit d'une évolution notable par rapport au chiffre enregistré fin 2018 (1,9 million). En revanche, l'on est encore loin d'atteindre les 40 millions de carnets de santé numériques visés à l'horizon 2022.