Selon un récent rapport de Nighline France, un psychologue universitaire s’occupe de 30 000 étudiants dans l’Hexagone. Les instances internationales recommandent pourtant un ratio de 1 pour 1 000 à 1 500. Cet écart vient notamment des appréhensions traditionnelles concernant la santé psychologique des étudiants. Des mesures doivent donc être prises face aux effets du confinement sur cette population.

La santé mentale de la population étudiante a longtemps été un sujet tabou en France. Cette tendance a déjà été remarquée par les professionnels de la santé et de la mutuelle étudiant. Toutefois, malgré son ampleur, le phénomène a été trop souvent négligé par les acteurs concernés. Désormais, le problème ne peut plus être éludé en cette période de crise sanitaire.

Dans une tribune récente, plusieurs présidents d'université ont dénoncé l'impact du confinement sur l'état mental des étudiants. En effet, ces derniers sont de plus en plus nombreux à présenter des symptômes de détresse psychologique. La situation tend par ailleurs à s'aggraver avec le reconfinement.


Un accompagnement urgent en période de crise

De nombreux acteurs ont constaté la détresse psychologique des étudiants durant le premier confinement. La situation a d'ailleurs été jugée préoccupante par le ministre de la Santé et les associations étudiantes. Le premier syndicat étudiant de France, la Fage, a notamment présenté des chiffres alarmants en juillet dernier.

Selon l'organisation, 2 étudiants sur 3 avaient besoin d'un confident ou tout simplement d'un interlocuteur pendant la quarantaine. 23 % des personnes interrogées ont même évoqué des pensées suicidaires durant cette période. Ainsi, toutes les instances concernées doivent agir d'urgence, surtout face au reconfinement.

Comme l'a souligné l'enquête de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) :

Il est vital de renforcer ce que peuvent proposer les universités et le réseau des œuvres (Cnous et Crous) dans l'accompagnement psychologique des jeunes pendant la crise sanitaire.

D'après une étude récente, 75 % des troubles psychiatriques apparaissent avant 24 ans. Les étudiants sont donc un groupe clé pour préserver la santé mentale de la population sur le long terme. Or, les psychologues universitaires ne sont pas assez nombreux pour gérer cette crise sans précédent.

Pour y remédier, l'association Nightline France a mis en place un service d'écoute dédié aux étudiants. Cet accompagnement permettra de rompre la solitude et de soutenir les plus fragiles. L'initiative contribuera également à mettre fin au tabou associé à la santé mentale des étudiants.


Une dégradation significative des conditions de vie étudiante

Avant la pandémie de Covid-19, la précarité étudiante était déjà problématique en France. Elle a pourtant eu tendance à s'aggraver depuis le premier confinement. En effet, la suspension soudaine des activités a entrainé une réduction, voire une disparition des revenus. Ainsi, ces profils précaires ont encore subi une baisse de ressources. La crise a d'ailleurs touché 3 étudiants sur 4, selon l'étude publiée par la Fage cet été.

Au fil des mois, la pandémie a également provoqué une perte massive d'emplois au sein de cette population. La situation est dès lors devenue critique pour les étudiants financièrement fragiles. Néanmoins, ces derniers ont espéré voir une légère amélioration de leurs conditions à la rentrée. Ils ont donc été totalement désemparés à l'annonce du reconfinement.

Lors du premier confinement, la demande a fortement augmenté au niveau des épiceries solidaires pour étudiants (Agoraé). La tendance risque ainsi de se prolonger sur le moyen terme. Selon les responsables, le dispositif solidaire a aidé plus d'étudiants que depuis son apparition en 2011, en seulement quelque mois.

Les difficultés financières à elles seules rendent la concentration particulièrement difficile pour les étudiants. Pourtant, ils doivent également s'adapter aux spécificités des cours à distance, s'ils espèrent réussir leur cursus. L'expérience était relativement intéressante au début. Toutefois, ces conditions d'étude sont difficiles à supporter sur la durée à cause de l'isolement, des problèmes de connexion, etc.