Dix milliards d’euros, c’est le seuil qu’a dépassé la région bretonne l’année dernière en matière de dépenses de santé. Une nette hausse qui est pourtant loin d’alarmer la Sécurité sociale, cette dernière préférant s’en tenir à une surveillance de près de la tendance tout en œuvrant dans les conseils des patients et des médecins prescripteurs.

Soins de ville, hospitalisations, admission dans un établissement médico-social, produits de santé, indemnités journalières en cas d’arrêt maladie… Plusieurs éléments peuvent contribuer à la hausse des charges de l’Assurance maladie. Et l’on ne parle pas de celles des mutuelles.

Pour la Bretagne, plus particulièrement, ce dernier poste de dépenses est en recrudescence. Un point que la CPAM (Caisse primaire d’Assurance Maladie) veut étudier de près. L’organisme public entend également mettre en place quelques mesures préventives.

Il faut dire, en effet, que cette région côtière a atteint un niveau inédit de ses dépenses de santé en 2018, en dépassant la barre de dix milliards d’euros. Un record qui s’expliquerait par la proportion élevée de la population âgée et la forte attraction de la ville.


Un « bon élève » qui ne s’éloigne pas de la tendance nationale

En octobre dernier, l’heure était au bilan pour la Bretagne concernant ses dépenses de santé pour l’année 2018. Il s’avère que les chiffres présentés par la CPAM de la région affichent une hausse de 2,1% (200 millions d’euros) par rapport à ceux de 2017. Ceux-ci ont même franchi, pour la première fois, les dix milliards d’euros. Un résultat qui n’inquiète aucunement la CPAM, d’autant qu’il se rapproche quand même de la tendance nationale qui s’estime à +2%.

Par ailleurs, cette augmentation n’est pas inattendue puisque la région bretonne attire incontestablement la foule, surtout les personnes âgées qui viennent s’y établir afin de bien profiter de leur retraite tout en jouissant du climat marin.

Quoi qu’il en soit, l’organisme social ne manque pas de vigilance en vérifiant l’évolution des dépenses, notamment celles afférentes aux postes en progression tels que les indemnités journalières versées en cas d’arrêts de travail. Celles-ci se sont, en effet, élevées à 731 millions d’euros, soit une hausse de 4,6%. Un rythme qui provient surtout d’arrêts de longue durée ou de ceux accordés aux seniors. À Claudine Quéric, directrice de l’Assurance maladie d’Ille-et-Vilaine, de temporiser :

« On ne cherche pas à traquer les dépenses. On souhaite financer les arrêts pertinents, qui sont justifiés médicalement ».

Des orientations pour le moins bénéfiques

Pour préserver son budget, mais aussi s’assurer du bon usage des arrêts maladie, l’Assurance maladie s’emploie à mieux orienter les patients. Ils sont, par exemple, redirigés vers la médecine du travail afin d’épargner aux services d’urgences un débordement abusif. Véronique Gestin-Lauzier, une médecin-conseil au Service médical, a d’ailleurs constaté que :

« Les gens sont parfois perdus, ne savent pas vers qui se tourner ».

Il ne faut pas non plus oublier le fait qu’une suspension de travail pour cause maladie peut affecter psychologiquement les patients. Aussi, est-il important d’offrir des conseils pertinents aux médecins prescripteurs qui peuvent se retrouver devant une situation pour le moins délicate. Comme le fait valoir le Dr Gestin-Lauzier :

« La moitié des personnes en arrêt pendant plus de six mois ne reprennent pas leur emploi. Mais l’arrêt n’est pas toujours la solution, cela doit rester une prescription médicale […] Je n’ai pas un patient qui vienne me voir pour obtenir un arrêt de confort […] de plus en plus sont qualifiés de personnes fragiles ».