Dans un entretien accordé au Capital, la députée Carole Grandjean a livré quelques précisions quant à la proposition de résolution concernant le système de santé au travail qu’elle aurait soumise, tout récemment, à l’Assemblée nationale. Un texte qui contient de nombreuses suggestions quant à l’amélioration des conditions de travail tant du personnel médical que celles des salariés et des chefs d’entreprise.

Le système de santé au travail est une mesure qui concerne autant les employés que les employeurs, dont l'objectif principal est la mise en place d'un cadre professionnel propice au travail et à la sécurité de l'emploi. Ce système revête plusieurs enjeux, sur le plan humain cela permet de réduire les accidents et d'augmenter la sécurité du personnel. Sur le plan social, cela permet à l'entreprise de bénéficier d'une meilleure image auprès du public.

Une réforme, en adéquation avec la complémentaire santé, pourra bientôt être une réalité grâce à une loi qui devrait survenir d'ici 2021. En effet, certains membres du Parlement ont décidé, il y a quelques jours, de soumettre une proposition de résolution à l'Assemblée nationale.

Une réforme nécessaire

La réforme du système de santé au travail était déjà sujette au débat depuis quelques mois, à cause des discussions sur les retraites, notamment. Et elle devrait se concrétiser très prochainement. C'est en tout cas ce qu'a déclaré la députée de Meurthe-et-Moselle, Charlotte Lecocq auprès du magazine mensuel Capital.


Elle rajoute même que cette réforme est d'autant plus nécessaire pour les entreprises au vu de ce qui s'est passé durant la crise sanitaire où certains médecins du travail étaient aux abonnés absents au moment où l'on avait le plus besoin d'eux. En outre, la mobilisation sur le sujet a été renforcée par la conjoncture actuelle, le texte de réforme est ainsi prévu d'être débattu publiquement à l'Assemblée nationale cette semaine.

L'une des mesures de ce texte est la prévention dans les sociétés. Ces établissements sont encouragés à diffuser des messages de prévention, notamment en ce qui concerne les aspects toxicologiques, psychosociaux et environnementaux. Charlotte Lecocq a d'ailleurs souligné que ces enjeux ne concernaient pas uniquement les salariés, mais aussi les chefs d'entreprise.

Un meilleur accompagnement

Un autre point important abordé dans ce texte concerne les médecins du travail qui sont en sous-effectifs selon l'interviewée. Une pénurie qui s'explique principalement par le peu d'estime à l'égard de ces professionnels de la part de certains de leurs confrères qui exercent dans les établissements de soins. Une valorisation du métier de médecin du travail serait ainsi de mise en passant par la création d'un dossier médical partagé et en proposant un poste à mi-temps aux praticiens de ville.

Mais ce texte incite aussi à la création d'équipes médicales pluridisciplinaires comprenant des psychologues, des ingénieurs de prévention ou encore des kinésithérapeutes.

Cette réforme tient aussi compte de l'insertion et de la désinsertion professionnelles des personnes dites vulnérables entendons par cela les personnes âgées ou porteuses d'un handicap. Ainsi, le texte suggère un meilleur accompagnement pour cette catégorie de personnes, afin qu'ils puissent continuer d'exercer dans leur domaine d'activité sans tenir compte de leurs infirmités ou d'une éventuelle maladie chronique.