Dans son dernier rapport, la Cour des comptes préconise la généralisation « la plus rapide possible » du remboursement des séances de psychothérapie par la Sécurité sociale. Aujourd’hui, cette prise en charge est proposée dans quatre départements pilotes dans le cadre d’une expérimentation. La nouvelle tombe à point nommé pour les Français.

Multiples conséquences négatives de la crise sur le mental des Français

La crise sanitaire a eu de nombreux impacts négatifs sur la vie des Français, outre la maladie pour certains : perte d'emploi ou diminution de l'activité, baisse des revenus… S'y ajoute l'« enfermement » dans un logement parfois inadapté pendant les deux épisodes de confinement, l'éducation des enfants en plus du télétravail, la fermeture de tous les lieux de loisirs, l'impossibilité de voir la famille et les amis, etc.

L'année 2020 et les premières semaines de 2021 sont dures pour le moral des Français, comme le prouve la saturation des centres médico-psychologiques. La Cour des comptes s'est ainsi penchée sur la répartition des ressources entre les différentes catégories de patients soignées pour des troubles mentaux et psychiatriques.


Une préconisation de distinction des niveaux de prise en charge

Les auteurs du rapport établi à la suite de cette analyse et publié le 16 février suggèrent ainsi

La mise en place de niveaux de prise en charge distincts pour les différents types de troubles en fonction de leur gravité entre :
  • le système de soins primaires, qui englobe les médecins traitants et les psychologues,
  • le système de deuxième ligne, avec les psychiatres qui prodiguent des soins spécialisés.
Pour eux, il serait plus pertinent de recentrer le système de soins primaires sur des soins de psychologie, le cas échéant en s'appuyant sur la psychiatrie.

Recommandation de remboursement des psychothérapies dans toute la France

La Cour des comptes plaide en outre pour que soit généralisé dans les meilleurs délais le remboursement des psychothérapies par l'Assurance maladie.

Actuellement, les départements des Bouches-du-Rhône, de la Haute-Garonne, des Landes et du Morbihan accordent déjà cette prise en charge pour les séances prescrites par les médecins traitants et réalisées par des psychologues libéraux.

Toutefois, le dispositif en est encore au stade de l'expérimentation. La Cour vise donc sa large application à travers la France. En parallèle, elle juge indispensable l'affinement du filtrage de l'accès aux centres médico-psychologiques afin de les désengorger.

Pour ce faire, elle recommande l'orientation prioritaire des patients vers un professionnel de première ligne.