Les personnes en situation de surpoids méritent de vivre comme tout le monde. Ce n’est pourtant pas l’avis des initiateurs d’émissions télévisées traitant de sujets aussi sensibles que l’obésité. Pour faire évoluer les mentalités, médecins et nutritionnistes s’interrogent sur la fiabilité de l’IMC. Cette norme sur la masse corporelle est à ce jour la référence la plus utilisée.

Pour prévenir l'obésité, l'Indice de masse corporelle (IMC) a toujours servi de référence. Ce mode de calcul permet de faire le lien entre la taille et le poids d'une personne. La moyenne obtenue sert à déterminer si l'individu est en bonne forme. La norme est située entre 18,5 et 24,9. Au-delà, le surplus de poids risque d'engendrer de graves problèmes de santé.

Cependant, l'adiposité est surexploitée par les médias et fait même l'objet d'émissions qui stigmatisent. Pour y remédier, les nutritionnistes parlent d'une norme obsolète et dépassée par le temps. Pour une meilleure prise en charge en situation de surpoids, la mutuelle santé sert de garantie.


Quels rapports entre l'IMC et la médecine ?

Autrefois appelé Indice Quetelet de l'obésité, l'IMC fut créé en 1832. Il s'agit d'une recherche d'Adolphe Quetelet, statisticien belge et initiateur des études sur la croissance humaines. La formule IMC = poids (kg)/taille (m²) s'applique depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui.

Pourtant, d'autres facteurs comme la masse osseuse et la masse musculaire de l'individu devraient être pris en compte. Sans oublier sa manière de se nourrir, le milieu dans lequel il vit et ses expériences psychologiques.

Si l'on se fie aux enseignements en médecine, il y a trop de modules concernant la nutrition. Raison pour laquelle les pseudo-médecins privilégient les régimes hyperprotéinés. Pour Corinne Godenir, l'IMC est désormais un indice dépassé par le temps. Elle affirme que :

La norme d'IMC a ses limites selon la manière dont on en parle : certaines personnes demandent à le connaitre, d'autres ne le supportent pas. […] Une approche globale de la nutrition […] pour proposer une vision plus généraliste de la prise en charge de l'obésité.

L'IMC du point de vue des patients

Qu'ils souffrent d'obésité ou de surpoids, les patients soumis à un calcul de l'IMC redoutent souvent ce moment. Pour y réchapper, nombreux sont ceux qui préfèrent éviter les consultations médicales. Et avec la minceur qui s'impose comme une norme dans la société actuelle, la grossophobie gagne de l'ampleur.


Parce que les personnes à forte corpulence vivent cet état depuis leur enfance, le choc psychologique est bien ancré. Aussi, elles font tout pour ne pas avoir à se confronter aux critiques. Quitte à se refermer sur elles-mêmes et fuir le contact humain.

Pour ne rien arranger, les émissions télévisées sur les transformations physiques radicales sont à blâmer. C'est le cas de l'« Opération renaissance » émise sur M6 depuis janvier 2021. Même si Agnès Buzyn, ministre de la Santé en 2017, a été choquée par l'idée, cela n'a pas empêché Karine Le Marchand de mener à terme son projet.

En réaction, les militants contre les oppressions grossophobes systémiques rappellent que l'obésité demeure un trouble chronique et multifactoriel ne pouvant pas servir d'instrument.