Outre le fait que les soins médicaux sont peu accessibles en France, il s’avère que près de deux tiers de la population sont contraints d’y renoncer. La raison qui explique cette tendance est essentiellement financière. Les délais d’attente trop longs font également partie des facteurs contribuant à l’augmentation du taux de renoncement aux soins dans l’Hexagone.

63 % de la population française ont déjà été contraints de renoncer à des soins médicaux pour différentes raisons. Les principales causes évoquées impliquent notamment les problèmes financiers et les difficultés rencontrées pour décrocher un rendez-vous chez les médecins. D’ailleurs, les délais d’attente dans le secteur sont généralement considérés comme trop longs par les patients.

Ce constat est issu d’un sondage BVA réalisé pour France Assos Santé et publié dans Le Journal du dimanche à la mi-novembre. L’enquête a été menée en ligne auprès d'un échantillon représentatif de la population, constitué de 1 002 individus âgés de plus de 18 ans.


Les difficultés rencontrées

Dans le cadre du sondage BVA-France Assos Santé, 17 % des participants ont déclaré s’être rendus aux urgences durant ces deux dernières années, car aucun médecin n’était disponible au moment où ils en avaient besoin.

D’ailleurs, en se basant sur la réponse des sondés, les auteurs de l’étude ont estimé qu’il fallait en moyenne attendre 1 mois et 14 jours avant d’obtenir un rendez-vous d'urgence chez un spécialiste ORL.

Ce délai d’attente moyen passe à 1 mois et 23 jours chez le gynécologue, augmente à 2 mois et 3 jours chez un dermatologue et s’étend jusqu’à 3 mois et 2 jours chez l’ophtalmologue.

D’autre part, 67 % des personnes interrogées ont déjà été exposées à des dépassements d'honoraires au moins une fois, en consultant un spécialiste. De plus, 58 % des participants au sondage ont constaté une hausse significative de leur reste à charge ces dernières années.

Des soins encore peu accessibles

Dans les détails, 41 % des individus interrogés ont renoncé aux soins en raison d’un reste à charge trop important, tandis que 30 % des sondés n’avaient pas les moyens d’avancer les frais nécessaires. Un comparateur mutuelle aurait été particulièrement utile dans les deux cas.

D’autre part, 44 % des patients renonçant aux soins ont souligné l’importance des délais d'attente. 25 % ont également mis en cause la pénurie de soignants à proximité de leur domicile.


En tout, 63 % des participants ont reporté la consultation ou ont fini par y renoncer. Ce taux augmente à 77 % pour les individus souffrant de handicap et à 74 % pour les personnes âgées de 25 à 34 ans.

De plus, le renoncement concerne 72 % des individus touchant moins de 1 500 euros nets par mois. Selon les auteurs de l'étude, ces chiffres témoignent du lien qui existe entre l’accès aux soins et la vulnérabilité économique.