Le variant indien du covid-19 sévit dangereusement au Royaume-Uni et a entrainé un rebond épidémique. Alors que le pays s’attendait à une levée des restrictions sanitaires le 21 juin prochain, la situation épidémiologique de plus en plus préoccupante pourrait mener à un report de cette date. Une alternative qui entrainerait des pertes économiques de plusieurs milliards d’euros.

Après avoir rencontré de nombreux obstacles dans sa lutte contre le covid-19, apparition du variant britannique et du variant indien, et un long confinement hivernal, le Royaume-Uni a continué de mener une campagne de vaccination massive et se montrait toujours positif. Le pays pensait enfin voir le bout du tunnel avec une levée totale des restrictions sanitaires prévue pour le 21 juin prochain. Mais son gouvernement pourrait être contraint de revoir ses plans.

En effet, le Royaume britannique fait face à un énième rebond épidémique, avec plusieurs indicateurs qui sont repartis à la hausse ces dernières semaines et qui va sans doute impacter sur le calcul du devis mutuelle santé des citoyens. Ce regain de la pandémie est dû au variant indien du covid-19.


Dégradation de la situation épidémiologique

Les scientifiques britanniques ne disposent pas encore d'assez de données sur le variant indien, également appelé le variant delta. Néanmoins, ils s'accordent à dire que cette mutation serait au moins 40 % plus transmissible que le variant britannique, pourtant déjà réputé être très contagieux. Lorsque le variant delta a commencé à sévir au Royaume-Uni, le nombre de contaminations quotidiennes est reparti à la hausse. Les autorités sanitaires d'outre-Manche recensaient 5 000 à 6 000 nouveaux cas par jour au cours du mois dernier.

Mais le Premier ministre britannique, Boris Johnson, se montrait quand même optimiste, car les hospitalisations sont restées à un niveau stable, la grande majorité des personnes admises en structures hospitalières n'ayant pas encore reçu de doses vaccinales. La solution semblait ainsi de continuer à vacciner massivement la population.

Sauf que la situation épidémiologique au Royaume-Uni est aujourd'hui préoccupante. Les contaminations quotidiennes se montent maintenant à plus de 7 000 et le nombre d'hospitalisations affiche une tendance haussière. Boris Johnson ne semble plus être aussi optimiste qu'en mai dernier. Il a même admis que la date de levée des restrictions sanitaires pourrait être reportée. Mais pour l'heure, ce report n'a pas encore été officialisé, le gouvernement britannique devrait rendre son verdict dans les jours à venir. Selon certains médias locaux, le report de la levée des restrictions sanitaires pourrait s'estimer à quatre semaines.


Les restaurants sont à bout de souffle

Les scientifiques locaux ne savent pas encore grand-chose sur le variant delta, hormis le fait qu'il soit plus contagieux que le variant britannique, également appelé variant alpha. Mais ils ne savent pas encore si cette mutation entraine un plus grand risque de décès ou peut développer une forme sévère de la maladie.

De même, les chercheurs du pays ne sont pas fixés sur la susceptibilité du variant delta quant aux vaccins anti-covid utilisés actuellement. Face au manque de données et au rebond épidémique, la prudence reste donc de mise au Royaume-Uni, comme l'a indiqué il y a quelques jours le Premier ministre britannique :

Nous devons vraiment redoubler d'efforts et ne pas perdre tous les avantages obtenus grâce aux efforts considérables déployés jusqu'à présent.

C'est pourquoi la levée des restrictions sanitaires devrait être ajournée. Une alternative qui risque pourtant d'entrainer de lourdes pertes économiques au pays. Des observateurs ont, en effet, indiqué que cela porterait le coup de grâce aux restaurants et autres établissements déjà à bout de souffle et qui espéraient se refaire une santé financière durant l'été. Selon des experts financiers, un report de la levée des restrictions sanitaires entrainerait des pertes à hauteur de 1,17 milliard d'euros par semaine.