Les efforts déployés par les professionnels de la santé durant la vague de propagation du covid-19 vont être justement récompensés. En plus du versement d’une prime de risque, une revalorisation salariale à hauteur de 183 euros nets mensuels est prévue. Une initiative gouvernementale qui devrait coûter 1 milliard d’euros à la Sécurité sociale pour cette année.

L'Assurance maladie s'est retrouvée en première ligne durant la pandémie du coronavirus et les pertes sont lourdes. Selon une source gouvernementale, les dépenses liées à l'épidémie frôlent les 9 milliards d'euros. Ces coûts incluent l'achat de masques, de tests, de blouses, à cela s'ajoutent les primes de risques versées au personnel soignant et les indemnités journalières des travailleurs placés en chômage technique. Un triste bilan qui pourrait ne pas être amorti avant l'année 2021.

Face à ces résultats, on est en droit de se demander si cela pourrait impacter le prochain budget de la Sécurité sociale. Cependant, l'État a annoncé lors du dernier Ségur de la santé qu'une contribution exceptionnelle de la part des assurances et de la mutuelle santé va permettre de renflouer les caisses de l'Assurance maladie.


Un geste mémorable

Les professionnels de la santé n'ont pas démérité durant la pandémie du covid-19. Ils n'ont pas fui leurs responsabilités et ont accompli leur devoir en s'exposant ouvertement au virus. Pour cela, le gouvernement a prévu une revalorisation salariale du personnel soignant. Au mois de juillet dernier, des accords prévoyaient d'ailleurs une enveloppe de 8 milliards d'euros à cet effet, soit une augmentation de 183 euros nets par mois. Didier Birig, le négociateur FO, s'est d'ailleurs félicité de cette réforme, il a déclaré que :

De mémoire de syndicaliste, il y a trente ans qu'on n'a rien vu de tel. On a rattrapé dix ans de retard.

Cette augmentation devrait intervenir dès ce mois de septembre si l'on en croit les déclarations du gouvernement lors de la première réunion du comité de pilotage du Ségur de la santé. Une première tranche de 90 euros devrait être versée d'ici peu. Une dépense supplémentaire qui lestera le budget de la Sécurité sociale et constitue un surplus de charges avoisinant le milliard d'euros. À Didier Birig de souligner :

Le gouvernement a compris qu'il fallait être bienveillant avec les agents hospitaliers, pour éviter qu'ils ne se mettent en arrêt de travail s'il y a un rebond de l'épidémie en septembre-octobre.

Encore et encore des tests

La branche maladie de la Sécu risque de subir encore longtemps les retombées du covid-19, les tests constituant l'un de leurs principaux postes de dépense. En effet, on assiste actuellement à un rebond de la pandémie, ce qui a contraint la branche santé de la Sécu à doubler la capacité de dépistage. D'ailleurs, le seuil de 1 million de tests effectués par semaine vient d'être franchi. Et la situation n'est pas près de s'améliorer tant le covid-19 semble ne pas céder de terrain.

Pour rappel, un test virologique et son traitement en laboratoire par amplification ADN coûtent 73 euros à l'Assurance maladie.

Pour alléger les dépenses en termes de tests, le ministère de la Santé envisage de mener une enquête afin de déterminer qu'il n'y ait pas d'abus. Par exemple, un chef d'entreprise qui exige un test avant de revenir sur son lieu de travail.