Bien que la crise sanitaire ne soit pas encore résolue, les Parisiens semblent retrouver leurs habitudes. Aux heures de pointe du matin et en soirée, les grands axes franciliens se bouchent, avec un pic d’embouteillage de plusieurs centaines de kilomètres. Cette situation est reliée au couvre-feu de 18 heures et aux aménagements récents des chaussées.

Dans la capitale française, le couvre-feu de 18 heures n'empêche pas les embouteillages. Comme elle coïncide aux heures de pointe, cette mesure imposée par la crise sanitaire est sujette à polémiques. En effet, après le travail, la population a tendance à se précipiter dans les magasins pour faire ses courses à temps.

Si l'on se fie aux données statistiques, les kilomètres de bouchon rappellent les conditions de vie des Franciliens en 2019. Autrement dit, les rues encombrées présagent un retour à la normale. Ainsi, il est temps de renouveler les contrats d'assurance sans cesse remis à plus tard durant le confinement.


Qu'est-ce qui génère autant d'embouteillages en Île-de-France??

On imagine les rues désertes à quelques heures du couvre-feu. Et pourtant, c'est le contraire qui se produit à Paris. En effet, l'heure de pointe est estimée entre 17 et 18 h, le temps nécessaire pour les travailleurs de rentrer chez eux. Certains préfèrent attendre le dernier moment pour faire des emplettes, puisqu'ils ne pourront plus sortir passé ce délai.

Le retour des bouchons en Île-de-France est directement lié à un autre phénomène. Il s'agit des aménagements provisoires sur une importante partie des grands axes et des ruelles. On cite notamment les coronapistes, ces voies cyclables sécurisées spécialement mises en place durant la crise du Covid-19. Les dimensions de la chaussée ont été diminuées, ce qui a pour effet d'augmenter les risques de formation d'embouteillage. Chez TomTom, le directeur marketing Vincent Martinier explique :

Certaines voies ont été fermées. On a beaucoup parlé de la rue de Rivoli à Paris, le trafic s'est évidemment reporté sur le reste des routes périphériques, parfois sur des routes qui sont réduites de deux voies à une. L'engorgement se fait alors plus rapidement.

Un suivi habituel du taux de trafic urbain en temps de crise

En période de confinement, les rues étaient désertiques. Cela n'a cependant pas empêché des plateformes comme TomTom et Bison Futé de faire un suivi régulier des bouchons. Chez Sytadin, un pic de 350 kilomètres d'embouteillage cumulé a été rapporté le 20 janvier dernier de 17 à 18 heures. Ces données chiffrées confirment que le couvre-feu pousse les individus à sortir de chez eux aux heures de pointe pour rejoindre les centres commerciaux.

Selon la Direction des routes d'Île-de-France (DRIEA/DiRIF), le retour des embouteillages a déjà été constaté à la rentrée de janvier. Les rues s'encombrent dès le matin sur les axes importants comme les autoroutes A1, A4 et A6a. Au nord de Paris, les deux sens de la circulation sur l'A86 sont bouchés matin et soir. Par contre, le sud de Paris ne suit pas la tendance. On y observe une stabilité du trafic. Les données des courbes de congestion enregistrées au mois de janvier 2021 à la même période pour 2019 sont d'ailleurs conformes.