Les enfants sont de véritables trésors. C’est la raison pour laquelle les parents ont à cœur leur santé et s’appliquent à bien assurer le suivi de leur traitement en cas de maladie. Sauf que le rythme effréné au quotidien ne facilite pas toujours les choses. C’est là que les applications ou des objets connectés entrent en jeu.

À l'ère du numérique et de l'Internet, l'e-santé gagne incontestablement du terrain, contribuant à l'amélioration du parcours de soins de nombreux patients. Les Français, par exemple, sont en majorité convaincus du fait que le traitement d'un enfant malade est mieux suivi avec des objets connectés ou des applications dédiés. L'atout de ces dispositifs provient de leur caractère interactif, les tout-petits étant plus à même de coopérer lorsqu'il s'agit d'un jeu.

Mais les patients et les personnes aidantes ne sont pas les seuls à en tirer profit. Les médecins traitants aussi y trouvent leur compte, notamment en ce qui concerne l'obtention des données afférentes à l'évolution des pathologies. Reste à savoir si, pensées à des fins pédiatriques, ces solutions réussissent bien les missions auxquelles elles ont été confiées. Sans quoi l'on ne pourrait s'attendre à des remboursements.


Les bienfaits inestimables de la santé connectée

Être parent n'est pas de tout repos, surtout lorsqu'une des progénitures n'est pas au mieux de sa forme et qu'il faut l'aider à recouvrer sa santé, ou bien préserver son état. Heureusement, de nouvelles recherches ont permis de mettre en œuvre des applications mobiles ou des objets numériques en vue d'interagir pour aider le petit malade à mieux s'épanouir durant toute la durée de son traitement.

Parmi les App de renom, Novi-Chek apprend aux jeunes diabétiques (de 13 à 25 ans) à reconnaître les signes d'hyper ou d'hypoglycémie et à s'injecter eux-mêmes leur dose d'insuline. Les robots connectés, Meyko, Joe et Léo, quant à eux, soutiennent respectivement les enfants asthmatiques et ceux souffrant de la mucoviscidose.

Certes, ces solutions novatrices sont aujourd'hui encore peu nombreuses à bénéficier d'un remboursement de la part de l'Assurance maladie ou d'une mutuelle. Mais ce qui est certain, c'est qu'ils sont d'une aide précieuse pour les enfants atteints d'une maladie chronique. Avec d'innombrables avantages à la clé, tels que :

  • Une meilleure aptitude à coopérer de la part de l'enfant, grâce à leur aspect ludique et divertissant ;
  • Un dépistage des pathologies optimisé, grâce à la performance de certaines applications ;
  • Un meilleur suivi médical, contournant les explications manquantes faute de temps ; • Un meilleur contrôle de l'évolution de la maladie en attendant le futur rendez-vous ;
  • Le développement de l'autonomie du malade étant donné qu'il est tenu d'y insérer ses données de vie réelle.

Mais d'après la chercheuse et professeure à l'Institut Mines Télécom Business School, Christine Balagué, le plus important c'est que :

« Les datas sont partagées facilement entre médecins, patient et parents, insiste Christine Balagué. Or, la santé d'un enfant se joue dans ce trio. Enfin, l'outil numérique peut jouer un rôle dans l'éducation pédagogique du jeune patient. »

Des limites encore à soulever

Dans le cadre de son sondage pour Merck, OpinionWay a interrogé 1 067 Français âgés entre 30 et 55 ans et dont près de la moitié (524) sont parents. Les résultats ont été sans appel : 68% sont convaincus des bienfaits de la technologie digitale sur le suivi du traitement thérapeutique des enfants. À Christine Balagué de souligner :

« Ce qu'on voit dans cette étude confirme ce qu'on savait : il existe une attente très forte des patients vis-à-vis du numérique. »

Toujours est-il que comme toute médaille a son revers, ces innovations présentent aussi certaines limites, notamment au niveau de la clarté des informations les concernant. Ce qui fait que seuls 7% de la population a eu, à ce jour, le privilège d'avoir été proposée ces types de suivi. D'après le pneumologue et adepte d'outils numériques en santé, Marc Sapene :

« Au début, il y avait une résistance de la part des soignants, que je sens moins aujourd'hui. En revanche, ils ne sont ni informés ni formés. Or, l'utilisation de ces outils s'installe sur le long terme, à condition que le médecin soit dans la boucle. »

Les parents souffrent également d'une ambiguïté d'informations. Alors que dans la majorité des cas, ces outils sont plus tournés vers eux en raison de la dépendance de l'enfant, vu son âge précoce.


Par ailleurs, si les trois protagonistes (parent, patient, soignant) peuvent se rassurer côté sécurité des informations médicales, le côté pratique requiert encore quelques défis à relever. C'est du moins ce qu'a avancé Agnès Linglart. Selon cette pédiatre de l'hôpital Bicêtre de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris :

« C'est rare qu'un soignant s'occupe d'une seule maladie rare. Et aller chercher des informations sur une multiplicité de plateformes, analyser quantité de données, cela prend du temps. Mais il y a une prise de conscience de la part des créateurs sur la nécessité de proposer des outils simples. »