Au Québec, l’état de santé mentale des étudiants de niveau postsecondaire était déjà préoccupant. Une enquête réalisée par l’UEQ (Union étudiante du Québec) en 2018 montre qu’un individu qui suit une formation à l’université sur cinq présentait des symptômes psychologiques nécessitant la consultation d'un professionnel. La pandémie Covid-19 est susceptible d’aggraver la situation.

Fin août 2020, le gouvernement québécois a annoncé l'octroi une aide financière pour que les étudiants puissent recevoir un soutien psychosocial en cette période de pandémie. D'un montant de 10 millions de dollars, elle est censée profiter aussi bien aux personnes qui fréquentent les cégeps que les universités.

En attendant de bénéficier de ce dispositif, les étudiants ont la possibilité de solliciter les ressources de leur propre établissement. Ils peuvent également vérifier si l'association dont ils sont membres propose une mutuelle étudiante. Cette dernière pourrait prendre partiellement en charge les dépenses résultant de la consultation d'un professionnel de santé exerçant dans le secteur privé.


Une aide jugée insuffisante

Plusieurs fédérations étudiantes estiment que les effets de l'aide du gouvernement mettent longtemps à se faire ressentir. La présidente de l'UEQ, Jade Marcil, explique que les fonds sont encaissés par les universités. Ces dernières s'en servent ensuite pour améliorer les services d'aide à la santé psychologique destinés à leurs étudiants.

La même interlocutrice ajoute que le dispositif est insuffisant et ne permettra pas de couvrir la demande, en particulier si elle s'est accrue durant les derniers mois. Elle note :

On sait qu'il y a un temps d'attente énorme sur les campus pour avoir accès [aux services], comme dans la population en général.

Elle pense donc que l'aide doit en priorité être utilisée pour répondre aux besoins urgents. En même temps, l'UEQ affirme qu'il est nécessaire que le Québec mette en œuvre une stratégie nationale pour les étudiants. En outre, les associations étudiantes souhaitent que les directions d'établissement transmettent mieux les informations et assurent un minimum de prévisibilité.

Promouvoir les aides disponibles et les rendre davantage accessibles

D'après la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec), il est primordial de faire en sorte que les ressources soient accessibles et disponibles. Elle souligne que les étudiants ont du mal à demander de l'aide dans les zones rouges et celles où la formation en ligne a été généralisée. La FECQ ajoute que l'aide proposée au niveau des campus n'est pas suffisamment mise en avant. Elle indique ainsi que les directions d'établissement doivent optimiser leurs canaux de communication.


De son côté, l'UEQ se montre très inquiète quant à la probable augmentation du nombre d'étudiants souffrant de troubles psychologiques. Sa présidente explique :

La solitude se répand avec les mesures de confinement et les restrictions. Automatiquement, on s'inquiète beaucoup de la situation.

Elle n'a pas manqué de préciser que la solitude figurait déjà parmi les premiers facteurs de dépression et d'anxiété chez les étudiants. La formation à distance et l'absence d'interactions sociales risquent d'intensifier le phénomène.