La santé numérique française se trouve encore aujourd’hui à un stade moins avancé qu’elle ne le devrait

La France possède les atouts nécessaires afin de numériser son système de santé, s’agissant d’une étape fondamentale, voire un virage dans lequel ce dernier doit impérativement s’engager pour assurer sa pérennité. Il faut savoir que le numérique, étant sans conteste un levier d’efficience, ouvre la voie à de nouveaux services innovants. En outre, la santé ne sera pas la seule à en profiter puisque l’économie nationale y trouvera aussi son compte.

Force est toutefois de constater que l’État tarde à franchir ce seuil tant souhaité. Le fait est que plusieurs éléments doivent encore être optimisés, notamment la dépense publique, les expertises en santé numérique, mais surtout l’appropriation des nouveaux usages y afférents par tous les utilisateurs.


Sur le bon chemin, mais quelque peu attardé

Depuis toujours, la médecine fait l’objet d’innovations et de recherches amenant à des solutions à la pointe de la technologie comme le génie génétique, l’imagerie médicale et la microchirurgie. Il faut dire que parmi tous les secteurs que les Français pensent mériter une digitalisation, celui de santé se trouve au premier rang avec une note de 36%.

Par ailleurs, Ipsos a révélé à travers son baromètre Digital Gouv'2018 que 85% de la population acceptent l’idée de se communiquer avec les services publics via des outils numérisés. Si ce chiffre démontre une demande conséquente de la part des consommateurs, les parties concernées ne sont pas loin d’éprouver le même enthousiasme. Et pour couronner le tout, la contribution des médias est incontestable.

Pour autant, le système tarde à faire sa révolution. Jusqu’ici, l’utilisation d’agendas électroniques et le stockage des informations semblent être les seuls événements marquants de la numérisation de la santé. À noter que les procédures et les données sauvegardées restent inchangées.

La mise en place d’un outil de gestion active des équipements, ou d’un autre permettant d’anticiper la durée des interventions chirurgicales, ou encore d’un procédé pour améliorer le suivi de l’état des malades chroniques n’étant encore effective qu’à seulement 5%.


Toutes les cartes en main, ou presque

Il faut croire que la digitalisation du système de santé français n’est qu’à ses premiers pas aujourd’hui. Or, cette avancée est bénéfique non seulement pour les patients, à travers la prise en charge de leurs maladies, ou pour les professionnels du secteur, par la fluidification de leurs travaux, mais aussi pour l’économie nationale. À noter que cela profiterait aussi aux assureurs qui verront l’établissement de leur devis mutuelle plus rapide.

Encore faut-il préciser que la France dispose des atouts essentiels pour négocier le virage tant attendu. Outre le fait que les modes de consommation et de communication ont nettement mué depuis l’avènement du numérique, le pays regorge d’experts en la matière ainsi que de professionnels de santé hautement qualifiés. Sans oublier une base de données des plus sécurisée et l’accès au meilleur capital d'amorçage et capital-risque dans toute l’Europe.

Pour autant, sa part de marché à l’échelle internationale est encore minime, à 5%, par rapport à celles des autres pays, tels que la Chine et les États-Unis qui s’établissent respectivement à 25 et 50%. Il est, de ce fait, primordial de rendre le marché local plus attractif afin que les Startup tricolores puissent se développer davantage au niveau national avant d’opérer à l’étranger.

Ainsi, les principaux points à considérer sont :

  • La révision de la dépense publique afin de mieux booster les pourvoyeurs d’emploi et de valeur dans la santé numérique ;
  • Renforcer l’usage des outils numérisés, notamment en déployant le « machine learning ».