En avril dernier, le ministère canadien de la Santé avait déjà incité la population à éviter ces équipements. Selon le département, l’inspiration de particules de graphène pourrait provoquer une toxicité pulmonaire précoce. Dans l’Hexagone, Santé publique France a rejoint la position du gouvernement canadien par rapport aux masques FFP2 « Biomass Graphène ».

D'après l'agence nationale de santé publique, la dernière fois où la France a commandé ces masques remonte à l'année 2020. Plus précisément, cela s'était passé au mois d'avril, dans le contexte de pénurie et d'achats massifs dans le monde. Santé publique France explique que Shandong Shengquan New Materials, a bien mentionné la présence de « Biomass Graphène » dans ses produits. En revanche, le fournisseur de l'État avait omis de signaler l'activité biocide de ces derniers, souligne l'établissement. Pourtant, une telle annotation aurait expliqué leur exclusion.

À ce propos, le gouvernement canadien a déjà déconseillé début avril 2021 le port de masques renfermant du graphène.


Des risques pour la santé

La raison, l'aspiration de ce composant peut avoir des répercussions négatives sur la santé. À noter que la filière électronique recourt fréquemment à celui-ci en raison de sa propriété conductrice et résistante.

Par rapport à cela, Ottawa a imposé aux distributeurs de se débarrasser de quelques modèles proposés sur le marché. L'agence canadienne expliquait :

L'analyse préliminaire des études disponibles […] a révélé que l'inhalation de particules de graphène pourrait causer une toxicité pulmonaire précoce chez les animaux. Cependant, on ne connaît pas encore le potentiel d'inhalation de ces particules par les masques chez les humains. Ni les risques pour la santé qui en découlent.

Dans l'Hexagone, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) doit jauger la nocivité de certains masques. Selon les résultats des analyses à venir, ils pourraient se voir exclure des remboursements prévus dans le cadre d'une complémentaire santé.

Les modèles FFP2 « Biomass Graphène » visés

Dans les détails, il s'agit des variantes FFP2 labellisés « Biomass Graphène ». D'ailleurs, SPF a déjà exhorté les Français de ne plus utiliser ces produits. Dans une note d'information, l'agence a pointé du doigt un éventuel risque relatif à l'existence de graphène dans leur composition.


précisément, les exemplaires remis en cause font partie du stock d'État, livré par Shandong Shengquan New Materials. Dans une lettre, l'Agence régionale de santé (ARS) a déclaré aux directions des établissements hospitaliers :

À ce stade, il a été identifié 60,5 millions de masques FFP2 dotés d'un marquage CE pouvant potentiellement contenir du graphène. Dont 16,9 millions ont d'ores et déjà été distribués en 2020.

Ce qui représente plus du quart des stocks que l'État a reçus et procurés aux structures médico-sociales et de santé. Face à cette situation, quatre ONG ont appelé l'Union européenne à agir urgemment. Notamment en retirant du marché les équipements médicaux visés. En ce sens, cela concerne les modèles SNN70370B, SNN70369B et SNN200647 produits par le fabricant chinois susmentionné.